La course à la présidentielle nigériane de janvier 2027 s’étend désormais au-delà des frontières du pays, jusque dans les couloirs du pouvoir américain. Selon RFI, le candidat de l’opposition Atiku Abubakar, qui se présente sous les couleurs du parti ADC, a embauché une société de lobbying basée aux États-Unis afin de soigner son image auprès de la classe politique américaine.
Cette démarche viserait également, toujours selon la même source, à examiner le passé du président sortant Bola Tinubu. L’objectif serait de mettre en lumière des éléments susceptibles de fragiliser la position du chef de l’État nigérian, à quelques mois d’un scrutin présidentiel dont l’issue s’annonce disputée.
Une pratique déjà utilisée par le camp présidentiel
Le recours au lobbying américain n’est pas une nouveauté dans ce dossier. Bola Tinubu avait lui-même missionné un cabinet de lobbying, moyennant plusieurs millions de dollars, en janvier dernier, afin de défendre sa politique auprès du Congrès américain à Washington, rapporte RFI.
Cette opération de communication intervenait à un moment particulièrement sensible pour le président nigérian. Donald Trump l’accusait alors d’encourager le meurtre de chrétiens au Nigeria, une accusation qui avait mis à mal l’image du pouvoir nigérian sur la scène internationale, en particulier auprès des cercles conservateurs américains.
Face à cette pression diplomatique et médiatique, Abuja avait donc choisi de répliquer par le biais d’un cabinet spécialisé, chargé de plaider la cause du président nigérian devant les élus américains et de contrer le récit porté par certaines voix à Washington.
Une bataille d’image à distance
Avec l’entrée en scène d’Atiku Abubakar sur ce même terrain, la présidentielle de 2027 prend ainsi une dimension qui dépasse le seul cadre national. Les deux camps semblent avoir compris l’importance de la perception internationale, en particulier américaine, dans un contexte où le Nigeria reste un partenaire stratégique de Washington sur le continent africain.
Ce recours parallèle au lobbying illustre la manière dont les enjeux de politique intérieure nigériane s’articulent désormais avec des considérations de diplomatie et d’image à l’échelle internationale, à l’approche d’un scrutin présidentiel qui s’annonce sous haute tension.