Les visiteurs étrangers qui préparent un séjour au Kenya pourraient bientôt devoir composer avec une nouvelle formalité avant leur départ. Le projet du gouvernement kényan vise à renforcer la couverture médicale des personnes venues de l’étranger, alors que les voyages dans le pays restent particulièrement prisés pour ses safaris et ses grands espaces naturels. Mais la mesure fait déjà débat avant même son éventuelle entrée en application. La justice doit désormais se pencher sur plusieurs points qui pourraient déterminer son avenir.
Une couverture médicale aux garanties particulièrement précises
Le projet concerne les ressortissants étrangers venant au Kenya pour moins de douze mois. Il prévoit qu’ils disposent d’une assurance santé de voyage présentant une couverture minimale de 50 000 dollars, soit environ 42 900 euros. Mais le montant total n’est pas la seule particularité du dispositif. Le texte détaille les différentes dépenses qui devraient être prises en charge. La couverture comprendrait ainsi jusqu’à 20 000 dollars pour les frais médicaux, 25 000 dollars pour le transport médical d’urgence et 5 000 dollars pour le rapatriement des dépouilles. Le dispositif prévoit également 1 000 dollars pour les soins de santé mentale et 300 dollars pour les médicaments prescrits.
Les voyageurs pourraient souscrire leur contrat avant leur départ, depuis leur pays d’origine. Une autre possibilité serait de prendre une assurance à leur arrivée, dans certains points d’entrée désignés au Kenya. Dans les deux cas, le texte encadre les compagnies susceptibles de proposer ces contrats : les assurances « doivent être fournies par des assureurs agréés et titulaires d’une licence conformément à la loi sur les assurances », rapporte le Daily Nation.
Cette obligation aurait une portée différente des assurances facultatives habituellement proposées aux voyageurs. Les cartes bancaires haut de gamme peuvent, par exemple, inclure des garanties médicales ou prendre en charge une évacuation d’urgence, mais les conditions et les plafonds dépendent du contrat. Certaines assurances voyage proposent, elles, une couverture internationale beaucoup plus large. Reste toutefois à savoir si ces assurances habituelles, qu’elles soient souscrites séparément ou incluses avec une carte bancaire, pourront satisfaire aux nouvelles exigences du Kenya.
Une mesure suspendue avant son entrée en vigueur
Le projet n’est toutefois pas (encore) devenu une obligation pour les visiteurs. Avant sa mise en application, la justice kényane a décidé de suspendre temporairement le dispositif. Une audience doit avoir lieu le 16 septembre pour examiner plus précisément les contestations soulevées contre cette nouvelle politique. Les opposants au projet mettent notamment en avant l’absence d’un cadre suffisamment clair pour encadrer son application. Des interrogations portent également sur la gestion des informations personnelles des voyageurs et sur la protection de leurs données. Ces différents points devront être examinés avant de savoir si l’obligation pourra effectivement être appliquée.
L’enjeu est loin d’être anecdotique pour un pays qui attire chaque année des visiteurs venus principalement pour sa faune et ses paysages. La période actuelle correspond notamment à l’un des moments les plus recherchés par les amateurs de safari : celui de la grande migration. Dans le Masai Mara, les gnous, zèbres et gazelles traversent les plaines au fil de leurs déplacements saisonniers, avec des passages de rivières particulièrement spectaculaires. Le phénomène se déroule généralement de la mi-juillet à la mi-septembre, parfois jusqu’en octobre.
D’autres régions permettent de découvrir une faune différente. Dans la réserve nationale de Samburu, dans le nord du Kenya, les visiteurs peuvent notamment rechercher les cinq espèces regroupées sous le nom de « special five » : la girafe réticulée, le zèbre de Grévy, l’autruche de Somalie, l’oryx beïsa et le gerenuk. Nairobi complète ce panorama avec une étape urbaine qui permet également d’accéder à plusieurs sites consacrés à la faune. Pour les voyageurs ayant prévu un séjour au Kenya, la situation reste donc à surveiller. Tant que la suspension est en vigueur et que la justice n’a pas rendu sa décision, les modalités définitives de cette éventuelle assurance obligatoire ne sont pas encore fixées.