Les grandes Bourses européennes sont attendues sur de faibles écarts lundi à l’ouverture dans l’attente des prochaines annonces de la Banque centrale européenne (BCE) et des chiffres de l’inflation aux Etats-Unis, deux enjeux décisifs pour la rentrée des marchés. Un peu plus d’une demi-heure avant l’ouverture, le CAC 40 affiche un repli de 0,1% en cotations électroniques, le DAX de Francfort recule d’environ 0,2% et l’Euro STOXX 50 accuse une baisse théorique de l’ordre de 0,1%.
Affectées par l’enlisement du conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix de l’énergie, les places du Vieux Continent ont amorcé une phase de consolidation ces derniers temps, une dynamique baissière qui les a éloignées de leurs plus hauts historiques.
L’Euro STOXX 50, qui avait établi un record le 12 août dernier, a depuis aligné trois semaines consécutives de repli.
Quant au CAC, il vient d’enchaîner quatre semaines d’affilée dans le rouge qui l’ont fait refluer de quelque 5,3% depuis son pic datant du 7 août.
La prise de risque devrait rester limitée sur les marchés alors que ce lundi est férié aux Etats-Unis pour le « Labor Day », ce qui pourrait inciter les investisseurs à privilégier les préoccupations plus directement européennes, à commencer par la performance historique réalisée hier par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) lors des élections régionales en Saxe-Anhalt, qui rappelle que le risque politique reste bien présent sur le Vieux Continent.
Les initiatives s’annoncent par ailleurs réduites en perspective du comité politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui se tiendra dans trois jours.
La quasi-totalité des observateurs s’attendent à ce que la BCE – confrontée à une accélération de l’inflation en zone euro, qui entretient les tensions sur les rendements souverains européens – procède à une nouvelle hausse de taux « préventive » comme elle l’avait déjà fait au mois de juin.
Le discours de Christine Lagarde et les nouvelles prévisions économiques de l’institution devraient par ailleurs alimenter le débat sur la nécessité de conserver un biais restrictif alors que les prix des matières premières restent élevés.
Au vu de la persistance des tensions inflationnistes, les marchés anticipent au total trois hausses de taux d’ici l’été 2027.
Au-delà de la BCE, l’inflation américaine et Oracle au programme de la semaine
L’indice des prix à la consommation (CPI) américain, qui tombera vendredi, pourrait par ailleurs raviver les craintes d’une poussée inflationniste durable aux Etats-Unis susceptible d’obliger la Réserve fédérale à engager à son tour son propre cycle de resserrement monétaire.
Le chiffre de l’inflation de base (« core ») – attendu stable à 0,2% en août d’un mois sur l’autre comme en juillet – sera particulièrement suivi à seulement quelques jours des décisions de la Fed, prévues le mercredi 16 septembre.
Des chiffres supérieurs au consensus pourraient raviver le débat sur le besoin de relever les taux le plus rapidement possible. A l’inverse, des données rassurantes donneraient davantage de temps à l’institution avant de remonter ses taux.
Vendredi, le solide rapport pour l’emploi publié au titre du mois d’août avait conduit les investisseurs à revoir à la hausse leurs anticipations en matière de taux. Résultat, le Dow Jones perdait 0,5% sur la semaine, le S&P 500 cédait près de 0,4% et le Nasdaq reculait de 0,3%.
Comme l’illustrent les scores contrastés enregistré la semaine passée (-0,2% pour le Dow, stabilité pour le S&P, gain de 0,4% pour le Nasdaq), cela fait maintenant quatre semaines que Wall Street évolue sans grande direction, preuve que les atermoiements observés en Europe sont également partagés Outre-Atlantique.
Si la saison des résultats est maintenant refermée, l’intérêt des investisseurs se tournera toutefois ce jeudi vers les comptes trimestriels d’Oracle.
La publication sera très surveillée alors que le titre a perdu 25% de sa valeur depuis sa dernière publication de résultats, les investisseurs commençant à s’inquiéter de la rentabilité de ses gigantesques centres de données au moment où l’accès au crédit devient plus coûteux.
L’attention des analystes se portera notamment sur la vitesse à laquelle les contrats signés se transforment en chiffre d’affaires réel et sur la facilité à financer des investissements qui demeurent massifs.
Les dégagements reprennent sur le marché obligataire en attendant les décisions de la BCE, qui risquent bien de continuer à favoriser la hausse des rendements: celui du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, se stabilise autour de 3,35%, toujours proche de ses sommets.
Côté américain, le rendement à dix ans se tend de nouveau au-delà de 4,78%, revenant non loin de son sommet de plus de trois ans (4,80%) atteint la semaine passée.
L’euro continue de reculer un peu avant les annonces de la BCE, à 1,1610 dollar, mais son repli est limité par la faiblesse persistante du billet vert. Les cambistes préviennent toutefois qu’un discours peu accommodant de la BCE jeudi pourrait faire rebondir la monnaie unique en direction du seuil de 1,18.
Le pétrole évolue peu en l’absence de développements véritablement négatifs dans le Golfe durant le week-end, même si le Brent gagne 1,5% à 97,7 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,4% à près de 92,8 dollars.