Sarah Khalifa, figure médiatique incontournable du paysage télévisuel égyptien, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un tsunami judiciaire. Animatrice vedette de l’émission « Mission difficile » sur la chaîne al-Mehwar et personnalité suivie par près de 2 millions d’abonnés sur Instagram, elle incarnait pour beaucoup une voix sur les questions de criminalité et de sécurité. Pourtant, cette notoriété contrastée bascule dans une affaire qui défraie la chronique : la condamnation à mort de la présentatrice, reconnue coupable de fabrication et de trafic de drogues, a été rendue publique le 5 septembre 2026 par le tribunal pénal du Caire. Ce procès d’envergure implique au total 28 accusés, dont Sarah Khalifa et 11 autres personnes condamnées à la même peine capitale. Un dossier aussi grave que spectaculaire, révélateur des tensions sur le plan sécuritaire en Égypte et de l’image façonnée par les médias. Retour sur un feuilleton judiciaire qui fascine autant qu’il interroge.
Sarah Khalifa condamnée à mort : les dessous d’une affaire tentaculaire de trafic de drogue en Égypte
Pour comprendre la situation, il faut revenir à 2025, année où les poursuites ont été officiellement engagées. Le dossier n’a cessé de s’épaissir, jusqu’à concerner 28 personnes associées à Sarah Khalifa, parmi lesquels son frère. Le tribunal du Caire la reconnaît coupable d’avoir constitué une organisation criminelle vouée à l’importation de matières premières utilisées dans la trafic de drogues et leur revente à grande échelle. Les autorités annoncent la saisie de plus de 750 kg de stupéfiants et de produits chimiques, ainsi que la découverte de laboratoires clandestins équipés dans deux appartements.
Pendant toute l’enquête, 20 témoins et une multitude de preuves numériques (enregistrements, messages, vidéos) ont nourri le dossier. Autre fait marquant : des armes à feu et des munitions auraient également été retrouvées en possession des accusés.
La procédure judiciaire, classique en Égypte pour ce type de crime, a prévu la consultation du grand mufti avant le prononcé de la peine capitale. Le verdict n’épargne ni Sarah Khalifa, âgée de 39 ans, ni 11 autres protagonistes, tous condamnés à la mort par pendaison. D’autres accusés reçoivent des peines de réclusion à perpétuité, tandis que sept personnes sont acquittées.
La star de la télé a nié en bloc les charges : « Je n’avais jamais vu de drogue avant d’être photographiée avec des stupéfiants dans les locaux de l’autorité antidrogue », aurait-elle affirmé face aux juges (propos relayés par Voici). Malgré l’ampleur médiatique et la personnalité impliquée, la justice égyptienne affiche une fermeté implacable. Selon la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, 541 condamnations à mort ont été prononcées en 2025 dans le pays. La situation de Sarah Khalifa, si controversée soit-elle, s’inscrit donc dans une tendance judiciaire rigoureuse envers les crimes liés aux stupéfiants.
Un revers judiciaire qui contraste avec le parcours flamboyant d’une présentatrice star
L’ironie tragique de cette affaire saute aux yeux : Sarah Khalifa, célèbre pour ses émissions sur la criminalité et l’investigation, voit aujourd’hui son nom lié à l’un des plus grands procès criminels d’Égypte. Son programme vedette, « Mission difficile », faisait d’elle une référence sur les dossiers chauds de la sécurité nationale. Cette notoriété, couplée à son influence sur les réseaux sociaux (près de 2 millions d’abonnés), et sa présence sur d’autres plateformes numériques, a accentué le retentissement de sa condamnation.
Le contraste est d’autant plus frappant qu’au-delà de la médiatisation de ce procès, une autre page sombre s’est ouverte pour la présentatrice. Outre sa condamnation à mort, Sarah Khalifa a récemment écopé de cinq ans d’emprisonnement dans une autre affaire, impliquant la séquestration et l’agression d’un jeune homme. Ce cumul de peines renforce l’impact de la chute d’une figure perçue jusqu’alors comme une experte des sujets criminels, aujourd’hui jugée pour des faits extrêmement lourds.
Dans un pays où le système judiciaire applique strictement la peine de mort pour meurtre aggravé, terrorisme ou trafic de drogue, cette sentence n’est pourtant pas irrévocable. Sarah Khalifa et les autres condamnés disposent encore de recours devant la Cour de cassation, la plus haute instance pénale. Leur sort se jouera donc lors d’un ultime round judiciaire, dont l’enjeu dépasse la simple question personnelle pour toucher à l’image de justice, de célébrité et de visibilité médiatique en Égypte.
Rien n’indique aujourd’hui quelle nouvelle tournure prendra ce feuilleton judiciaire. Sarah Khalifa reste pour le moment incarcérée et attend le résultat de ses recours, tandis que le public égyptien observe avec stupeur la chute de celle qui incarnait la lutte contre le crime.
Sources : RTL, Voici, Closer.