L’Autorité nationale de l’Aviation civile (Anac) a présenté, jeudi 3 septembre à Marcory, les résultats d’une étude consacrée au développement d’une filière de carburants d’aviation durables (SAF) en Côte d’Ivoire. Une étape qui ouvre la voie à l’identification des conditions nécessaires à leur production et à leur utilisation à l’échelle nationale.La Côte d’Ivoire entend prendre part à l’effort mondial de décarbonation du transport aérien.
Dans cette perspective, l’Autorité nationale de l’Aviation civile (Anac) a organisé, jeudi 3 septembre 2026, dans un hôtel à Marcory, un atelier de présentation et de remise officielle du rapport d’une étude sur la mise en œuvre commerciale des carburants d’aviation durables (SAF) dans le pays.
La rencontre, qui a réuni plusieurs experts nationaux et internationaux, notamment du secteur de l’aviation civile, s’inscrit dans le cadre du programme « Assistance, Capacity-building and Training for Sustainable Aviation Fuels » (ACT-SAF) de l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI).
Préparer le passage à l’action
Réceptionnant officiellement le rapport, Sinaly Silué, président du conseil d’administration de l’Asecna et directeur général de l’Anac, s’est félicité de l’aboutissement de cette démarche. Pour lui, la transition vers une aviation à faible empreinte carbone constitue désormais « un enjeu majeur pour l’avenir du transport aérien ».
Les carburants d’aviation durables représentent, selon lui, « un levier essentiel de décarbonation », mais aussi une opportunité de développement de nouvelles filières économiques et industrielles.
L’étude fournit ainsi des éléments d’analyse et des orientations permettant de mieux apprécier les conditions et les perspectives de développement d’une filière SAF en Côte d’Ivoire. « Mais au-delà de la présentation d’un rapport, l’enjeu est désormais de préparer la prochaine étape, celle de l’action », a souligné Sinaly Silué.
Il s’agira notamment d’examiner les recommandations formulées, d’identifier les priorités et de réunir les conditions nécessaires à la mise en place progressive d’une dynamique nationale en faveur des SAF.
Le manioc et la noix de cajou à l’étude
Pour sa part, Romain Ekoto, directeur du Bureau régional Afrique occidentale et centrale de l’OACI, a indiqué que l’étude a été financée grâce à une contribution de la France au Fonds pour l’environnement de l’OACI.
Elle s’appuie sur les conclusions d’une première étude réalisée en 2023 avec le soutien de l’Union européenne et s’inscrit dans le cadre de la coopération entre l’OACI et la Côte d’Ivoire à travers le programme ACT-SAF.
Plusieurs pistes ont notamment été explorées, dont le potentiel du manioc et de la noix de cajou comme matières premières pour la production de carburants d’aviation durables.
Selon Romain Ekoto, les conclusions du rapport permettent de mieux cerner les perspectives de développement d’une filière nationale de SAF ainsi que les conditions techniques, économiques, réglementaires et institutionnelles nécessaires à sa concrétisation.
Il a, à cette occasion, réaffirmé l’engagement de l’OACI à poursuivre son accompagnement de la Côte d’Ivoire.
Un défi mondial
La représentante de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, Leïla Vallée-Mellouk, conseillère régionale en développement durable, a également insisté sur l’importance de la décarbonation du transport aérien. Elle a relevé que le trafic mondial de passagers pourrait être multiplié par 2,7 d’ici à 2050.
Pour elle, le rapport ne doit donc pas constituer une fin en soi, mais « un point de départ ».
L’enjeu est désormais de traduire ses conclusions en actions concrètes, notamment à travers le renforcement des capacités, la structuration des acteurs, la sécurisation des ressources et l’émergence progressive d’une véritable filière ivoirienne de carburants d’aviation durables.
CASIMIR DJEZOU