Le Maroc prend part en Tunisie à Phoenix Express 2026, exercice multinational de sécurité maritime conduit par la sixième flotte américaine sous le parrainage du commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom). Organisée du 7 au 18 septembre, cette 21ᵉ édition réunit treize pays autour d’activités terrestres et navales centrées sur la surveillance maritime, l’échange de renseignement, les opérations d’interception et la recherche-sauvetage.

Les forces navales américaines en Europe et en Afrique (Naveur-Navaf) ont confirmé lundi 7 septembre la présence marocaine à La Goulette. Des images officielles diffusées par la marine américaine montrent des militaires marocains et tunisiens travaillant sur des procédures d’action civilo-militaire, tandis que des personnels du 412ᵉ bataillon des affaires civiles de l’armée de terre américaine assurent une partie des formations destinées aux délégations participantes.

Phoenix Express associe plusieurs centres d’opérations maritimes chargés de partager leurs données en temps réel et d’établir une situation commune du trafic naval. Le programme comprend des exercices de recherche et de sauvetage (SAR), des opérations de visite, d’arraisonnement, de fouille et de saisie de bâtiments (VBSS), ainsi que des démonstrations en conditions opérationnelles.

Des moyens avancés de surveillance doivent également être employés pour détecter les activités illicites dans les espaces maritimes africains, notamment à l’intérieur des zones économiques exclusives (ZEE). L’exercice porte ainsi à la fois sur l’intervention en mer, la circulation du renseignement et la coordination entre centres de commandement nationaux.

Treize pays et cinq bâtiments militaires

La liste communiquée par les autorités américaines comprend l’Algérie, la Belgique, l’Égypte, la France, la Géorgie, l’Italie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc, la Tunisie, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Le ministère tunisien de la défense avait également annoncé environ 400 militaires et observateurs ainsi que cinq bâtiments militaires. Sa liste des participants diffère toutefois sur deux pays : Tunis mentionne l’Espagne et Malte, tandis que la communication américaine cite la Mauritanie et le Royaume-Uni.

Le programme tunisien prévoit également l’emploi de véhicules de surface sans équipage (USV), l’inspection des navires, le renseignement maritime, la lutte contre les menaces biologiques et chimiques, le soutien médical, les premiers secours et l’application du droit maritime.

Une deuxième participation marocaine en 2026

Le rendez-vous de septembre intervient moins de huit mois après une première édition de Phoenix Express organisée cette année en Tunisie. Du 20 au 23 janvier, le Maroc avait participé avec sept autres pays à la 20ᵉ édition, conçue principalement comme un exercice de commandement.

Les travaux avaient porté sur la connaissance de la situation maritime, l’échange de données entre centres d’opérations et les procédures VBSS. Les scénarios reproduisaient notamment des situations de traite des êtres humains, de trafic de stupéfiants et de prolifération d’armes dans le sud de la Méditerranée.

Le format de septembre est sensiblement plus étendu puisqu’il associe entraînements à terre, opérations en mer et emploi coordonné de moyens de surveillance maritime.

La frégate Sultan Moulay Ismail engagée en 2024

Le Maroc avait engagé des moyens navals plus importants lors de la 19ᵉ édition de Phoenix Express, organisée du 5 au 15 novembre 2024. La frégate de classe Sigma Sultan Moulay Ismail avait alors participé à la phase maritime aux côtés de bâtiments américains, algériens, italiens, libyens, tunisiens et turcs.

Des membres des forces spéciales de la marine royale avaient parallèlement pris part à Bizerte à des entraînements avec les Marines américains. Les exercices comprenaient notamment des techniques d’effraction et d’intervention susceptibles d’être employées lors des opérations de contrôle et d’arraisonnement.

L’édition 2024 avait également accordé une place accrue aux systèmes sans équipage pour la détection d’activités illicites dans les ZEE africaines, une orientation reprise dans le programme de 2026.

Le patrouilleur Bir Anzaran mobilisé en 2022

La participation marocaine avait déjà été particulièrement visible lors de la 17ᵉ édition en 2022. Le patrouilleur hauturier Bir Anzaran avait quitté Tunis le 28 mai pour rejoindre la phase maritime de l’exercice.

Des marins marocains avaient alors mené des opérations VBSS à bord du bâtiment-base expéditionnaire américain Hershel « Woody » Williams, utilisé comme bâtiment cible pour les équipes d’interception du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie, de la Tunisie et de l’Italie.

Ces entraînements s’étaient déroulés en Méditerranée entre le 29 mai et le 1ᵉʳ juin et avaient permis aux équipes participantes de travailler sur les procédures d’approche, de montée à bord, de fouille et de sécurisation d’un navire suspect.

Une présence marocaine déjà documentée depuis 2021

La marine royale avait également pris part à Phoenix Express 2021 avec la frégate Sultan Moulay Ismail. Cette édition, organisée du 17 au 28 mai avec treize pays, était consacrée à la lutte contre les trafics illicites, les migrations irrégulières et la circulation de marchandises prohibées en Méditerranée. Des personnels marocains avaient alors travaillé avec les garde-côtes américains sur les procédures d’interpellation et de contrôle maritime, tandis que la frégate marocaine participait aux manœuvres conduites en mer.

Phoenix Express constitue l’un des principaux exercices maritimes régionaux conduits par Naveur-Navaf sur le continent africain. La sixième flotte américaine, basée à Naples, en assure la conduite opérationnelle dans le cadre d’Africom, avec un accent placé sur l’interopérabilité des marines partenaires, la connaissance de la situation maritime et la capacité à coordonner rapidement une interception ou une opération de sécurité en Méditerranée.