En Angola, le processus de retrait de la banque portugaise Banco BPI du marché bancaire est entré dans sa phase finale. La société, filiale du groupe espagnol CaixaBank, a conclu un accord avec Congolian Financial S.A. (CFSA) pour la vente de ses dernières parts dans Banco de Fomento Angola (BFA).

L’opération porte sur 33,35% du capital de BFA et valorise cette participation à 388,5 millions d’euros. Ce montant comprend une première tranche de 345 millions d’euros et une seconde, fixe et différée, d’environ 43,5 millions d’euros, payable en mai 2027. Une composante variable doit également être versée à cette échéance, correspondant à la moitié du dividende 2026 de BFA attribuable aux actions cédées.

Au 30 juin 2026, cette participation était inscrite au bilan de BPI pour 379 millions d’euros. La banque estime ainsi que les deux tranches fixes de la transaction devraient avoir un impact positif d’environ 9 millions d’euros sur ses capitaux propres comptables.

La finalisation de la vente reste toutefois soumise à plusieurs conditions réglementaires. Elle nécessite notamment l’absence d’opposition de la Banque nationale d’Angola (BNA) et la confirmation de la Commission du marché des capitaux (CMC) que CFSA n’est pas tenue de lancer une offre publique d’achat obligatoire sur BFA.

Un retrait engagé depuis 2017

Cette transaction doit clore un désengagement engagé depuis près d’une décennie. BPI cherche à réduire sa présence dans BFA depuis 2017, à la suite d’une recommandation de la Banque centrale européenne (BCE) visant à diminuer son exposition aux risques liés au marché angolais.

NewsletterMa Tribune

L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

S’inscrireS’inscrireS’inscrireIllustration de la newsletter Ma Tribune

La banque portugaise détenait auparavant 48,1 % de BFA. Une tentative de cession de l’intégralité de cette participation avait été suspendue en 2023, dans un contexte marqué par la forte dépréciation du kwanza.

Le processus a finalement repris avec l’introduction en Bourse de BFA en 2025. BPI avait alors cédé 14,75 % du capital de la banque angolaise, ramenant sa participation à 33,35 %. La vente de ce reliquat à CFSA achève ainsi le retrait de BPI d’un marché où son implantation remonte aux années 1990.

Carrinho renforce ses positions dans la banque

De l’autre côté de l’opération se trouve un acteur angolais déjà bien implanté dans le secteur financier. Congolian Financial est contrôlée par Grupo Carrinho, conglomérat fondé en 1993 et historiquement présent dans l’industrie et l’agriculture.

Le groupe dispose d’un important appareil industriel intégré verticalement, couvrant la transformation du riz, du blé et du maïs, ainsi que le raffinage d’huile et la production de plusieurs biens de consommation, dont les pâtes, les huiles végétales, le sucre et le lait. Il a progressivement étendu ses activités au secteur bancaire, où, selon l’agence de presse angolaise Angop, il détient déjà 74% du capital de Banco de Comércio e Indústria (BCI) et une participation estimée à 70% dans Banco Keve.

L’acquisition des 33,35% de BFA renforcerait donc davantage son exposition au secteur bancaire angolais, tout en faisant passer une participation jusque-là détenue par un groupe européen sous le contrôle d’un acteur privé national.

Pour BPI, la transaction clôt surtout un long processus de réduction de son exposition à l’Angola. Une fois les autorisations réglementaires obtenues et l’opération finalisée, la filiale portugaise de CaixaBank aura entièrement quitté le marché bancaire angolais.