« Le prochain événement public de la branche jeunesse des Frères musulmans aura lieu à Bruxelles et sera cofinancé par l’Union européenne avec vos impôts », dénonce, sur X, la présidente du Centre européen de recherche et d’information sur le frérisme, Florence Bergeaud-Blackler.
Alors que le Parlement européen a annoncé en juillet dernier vouloir écarter le FEMYSO (Forum des organisations européennes musulmanes de jeunes et d’étudiants) de certaines de ses activités, l’organisation musulmane de jeunesse continue de participer à des projets contre «l’islamophobie» qui sont «co-financés par l’Union Européenne», selon les informations du Figaro.
Sur ses réseaux sociaux, l’organisation, réputée proche des Frères musulmans, revendique toujours le soutien financier de l’Union européenne pour plusieurs de ses initiatives. En juin dernier, elle a notamment organisé « Unite and Act », un séminaire de trois jours consacré à la formation et à la mise en réseau de jeunes musulmans européens, avec des fonds européens.
L’organisation annonce également une nouvelle édition de son European Action Day Against Islamophobia (journée européenne contre l’islamophobie), prévue le 21 septembre à Bruxelles. Là encore, le FEMYSO affirme que cette initiative bénéficie d’un financement européen, dans le cadre d’un projet porté avec plusieurs partenaires.
Des élus tirent la sonnette d’alarme
Une situation qui alimente les interrogations de plusieurs élus de droite, lesquels demandent désormais à la Commission européenne de clarifier les conditions dans lesquelles ces subventions sont attribuées.
L’eurodéputée Marion Maréchal, présidente d’Identité-Libertés, a annoncé avoir saisi la Commission européenne afin d’obtenir des explications sur ces financements, qui constituent, selon elle, un « défaut majeur de transparence budgétaire ». « À Bruxelles, je me bats face au collectif islamiste FEMYSO et contre son entrisme au sein des institutions européennes », a tweeté l’ancienne député du Front National, ce lundi 7 septembre.
Nathalie Loiseau, eurodéputée Horizons, a elle aussi interpellé la Commission. Selon elle, les institutions européennes ne sauraient, volontairement ou par négligence, contribuer à favoriser des réseaux proches de la mouvance islamiste.
Début juillet, le bureau de l’institution européenne avait décidé d’écarter l’organisation de l’European Youth Event, un rendez-vous réunissant des milliers de jeunes autour des questions européennes. Cette décision faisait suite à une initiative de Marion Maréchal, soutenue par plusieurs dizaines d’eurodéputés de droite.
Le FEMYSO avait contesté cette interprétation, affirmant ne pas avoir reçu de notification officielle lui annonçant une interdiction générale d’accès au Parlement.
Quelques semaines plus tard, l’organisation a de nouveau réfuté l’idée d’une mise à l’écart générale auprès du Figaro. Dans une communication publiée fin août, elle a assuré qu’aucune mesure discriminatoire n’avait été prise à son encontre.
Selon plusieurs élus mobilisés sur le dossier, interrogés par Le Figaro, la mesure concernait la participation du FEMYSO à l’European Youth Event, sans nécessairement remettre en cause l’ensemble de ses relations avec les institutions européennes. Le compte rendu détaillé de la décision n’ayant pas encore été rendu public, le périmètre exact de cette exclusion demeure difficile à établir.
Une organisation créée dans les années 1990
Fondé en 1996, le FEMYSO se présente comme une fédération rassemblant des organisations musulmanes de jeunesse et d’étudiants à travers l’Europe. L’organisation affirme aujourd’hui fédérer 32 associations présentes dans 22 pays.
Ses origines remontent à une rencontre organisée à Stockholm en 1995 autour de la place de l’islam en Europe. L’année suivante, plusieurs organisations se réunissent à Leicester et donnent naissance au forum. Son bureau s’installe ensuite à Bruxelles au début des années 2000.
Le FEMYSO affirme avoir pour vocation de représenter les jeunes musulmans européens, de développer leurs compétences et de favoriser leur participation à la vie publique. Il revendique également une action en faveur des libertés civiles, de la lutte contre les discriminations et de la participation citoyenne.
Au fil des années, l’organisation a développé des relations avec différentes institutions internationales, parmi lesquelles le Parlement européen, la Commission européenne, le Conseil de l’Europe et les Nations unies.
Des accusations récurrentes de proximité avec les Frères musulmans
Le sujet de sa proximité avec les Frères musulmans n’est pas nouveau. En 2023, le gouvernement français avait lui-même fait état de « vives préoccupations » concernant certains financements européens attribués à des organisations considérées comme problématiques, en citant notamment le FEMYSO.
Pis, le rapport consacré en 2025 aux réseaux des Frères musulmans en France a notamment évoqué le FEMYSO comme une structure participant à la formation de jeunes cadres susceptibles d’évoluer ensuite dans ces réseaux. Le document estime également que les organisations européennes proches de cette mouvance ont progressivement acquis une capacité importante à dialoguer avec les institutions communautaires.
Preuve de ce riche dialogue, selon les données avancées par Le Figaro l’organisation aurait bénéficié d’environ 210 000 euros de subventions européennes entre 2007 et 2022.
Plusieurs eurodéputés issus de formations de gauche ont participé à des événements organisés par le FEMYSO ces dernières années. Lors de l’édition 2025 de l’EADAI (Conférence de la Journée européenne d’action contre l’islamophobie), le FEMYSO avait notamment accueilli deux eurodéputés italiens socialistes et une eurodéputée écologiste italienne.
L’année précédente, l’eurodéputée LFI Rima Hassan avait participé à l’édition 2024 de la même manifestation.
Le voile et la bataille contre « l’islamophobie »
Pour rappel, en 2021, le FEMYSO avait participé à une campagne du Conseil de l’Europe intitulée « Mon hijab, mon choix », qui avait suscité un tollé, notamment dans l’Hexagone. La campagne avait finalement été retirée.
Le FEMYSO s’est également opposé à plusieurs dispositions françaises relatives au port de signes religieux, notamment à l’école et dans l’espace public. Sur ses réseaux sociaux, l’organisation continue de dénoncer les restrictions visant le hijab, l’abaya ou encore le voile intégral dans différents pays. Reprenant l’agenda classique de la mouvance frériste…