Vladimir Poutine et son homologue Donald Trump ont eu ce mardi 8 septembre une conversation au téléphone « d’une extrême franchise », a annoncé le Kremlin, après la visite le week-end dernier des émissaires américains à Moscou et à Kiev.

« Dans le style professionnel et respectueux qui leur est propre, ils ont échangé leurs points de vue » sur le déplacement de Steve Witkoff et Jared Kushner, a déclaré aux journalistes le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov.

Lors de cette conversation, « Donald Trump a clairement exprimé l’idée de la nécessité d’une fin rapide du conflit ukrainien », tandis que Vladimir Poutine a présenté à son interlocuteur « une analyse objective et approfondie de ce qui s’était passé pendant l’opération militaire spéciale », a précisé Iouri Ouchakov auprès de l’agence TASS.

Selon la même source, « les spéculations concernant les prétendues intentions hostiles de la Russie à l’égard des États européens » ont aussi été évoquées durant l’appel. « Il a été souligné que nous n’avons aucune intention de mener des actions agressives contre l’Europe », a assuré le conseiller diplomatique du Kremlin.

Selon lui, les présidents ont convenu de s’appeler rapidement en cas de besoin. Tous deux avaient déjà salué les discussions « extrêmement franches » engagées le week-end dernier avec les émissaires américains.

La crainte des hostilités durant l’hiver

Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus dans les deux capitales pour relancer un processus diplomatique au point mort depuis février, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe.

Les efforts de médiation entrepris par Washington en 2025 avaient abouti à plusieurs réunions entre Russes et Ukrainiens. Mais aucun plan de paix n’avait été confirmé, les deux camps n’étant pas parvenus à s’entendre sur la question des territoires revendiqués par Moscou.

L’Ukraine craint désormais une poursuite des hostilités pendant l’hiver, période critique pendant laquelle la Russie a les moyens de frapper durement, comme en 2025, le réseau énergétique du pays.

Après une trève de trois jours liée à la visite des émissaires américains, l’armée russe a repris ses frappes sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi. Au moins cinq personnes ont été tuées et 25 blessées dans cette attaque, qui a impliqué au moins 166 drones et des dizaines de missiles, d’après les autorités ukrainiennes.

Malgré la reprise des bombardements, Volodymyr Zelensky s’est montré positif, indiquant que les émissaires avaient proposé de nouvelles idées, qui sont « tout à fait bonnes et méritent d’être prises en considération ».

Sans détailler ces nouvelles propositions, le président ukrainien a annoncé que Kiev allait se préparer à « faciliter la tenue d’une réunion trilatérale entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis » cet automne, « peut-être dès le mois de septembre ».

Article original publié sur BFMTV.com