Standard Chartered aurait lancé formellement le processus de vente de sa filiale botswanaise et attendrait les premières offres d’ici le milieu de l’année, selon des informations rapportées cette semaine par Bloomberg. Selon le média, le processus serait piloté par l’équipe interne chargée des fusions et acquisitions, et le périmètre inclurait l’ensemble des activités locales, à savoir la banque de financement et d’investissement, la banque de détail et la gestion de patrimoine.
Plusieurs groupes sud-africains examinent le dossier
Bloomberg cite Nedbank parmi les établissements qui seraient en train d’examiner l’opération. Cotée à Johannesburg, cette banque dispose d’une présence régionale étendue et s’est récemment illustrée par des mouvements en Afrique de l’Est. Fin janvier, elle a annoncé vouloir prendre le contrôle de NCBA, groupe bancaire basé au Kenya et présent dans plusieurs pays de la région, qui revendique plus de 60 millions de clients.
Parmi les autres établissements cités figurent Absa, qui a repris et développé les anciennes activités africaines de Barclays, ainsi que Standard Bank, premier groupe bancaire du continent par la taille de son bilan. Très implanté en Afrique australe, ce dernier occupe déjà une position importante au Botswana. First National Bank, filiale du groupe FirstRand, est également mentionnée.
Aucune offre n’a néanmoins encore été confirmée à ce stade. Le processus en serait encore à ses débuts.
Une cession annoncée en janvier
L’identification d’acquéreurs potentiels crédibles donne une portée nouvelle à l’annonce effectuée quelques semaines plus tôt par Standard Chartered, qui indiquait le 13 janvier étudier la possibilité de céder l’intégralité de ses activités au Botswana. Le groupe britannique avait alors précisé que le processus restait soumis aux autorisations réglementaires, et qu’il pourrait s’étendre sur une période de douze à quinze mois.
Initialement, Standard Chartered n’envisageait pas de céder l’ensemble de ses activités dans le pays. En novembre 2024, il étudiait uniquement la vente de sa gestion de patrimoine et de sa banque de détail, avec l’intention de conserver la banque de financement et d’investissement. Les échanges avec des acheteurs potentiels ont conduit à élargir le périmètre, une reprise globale apparaissant, selon la banque, plus cohérente sur le plan opérationnel.
Une présence africaine qui se redessine
Si la cession se concrétise, le Botswana s’ajouterait au Zimbabwe, à l’Angola, à la Zambie, au Cameroun, à la Gambie ou encore à la Tanzanie, où Standard Chartered a vendu ou réduit ses activités ces dernières années. L’une des opérations les plus récentes est l’accord conclu en octobre 2025 avec Absa en Ouganda. SC avait accepté de céder ses activités de gestion de patrimoine et de banque de détail dans le pays au groupe sud-africain, pour un montant non divulgué.
Malgré cette dynamique de cessions, l’Afrique demeure intégrée à la stratégie de la banque. Selon Bloomberg, elle entend concentrer ses efforts sur ses marchés les plus rentables, notamment l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya. Ces trois pays lui auraient permis de doubler en trois ans la taille de son activité de gestion de patrimoine en Afrique.
« Nous évaluons en permanence l’efficacité de notre modèle d’affaires mondial et prenons régulièrement des mesures pour concentrer nos ressources là où notre proposition de valeur pour les clients est la plus différenciante. Nous sommes convaincus que la concentration accrue résultant des cessions envisagées nous permettra de continuer à surperformer le marché », déclarait en novembre 2024 le directeur général, Bill Winters.