Washington (awp/afp) – Une large vague de vente a une nouvelle fois secoué la tech américaine mercredi, après l’accueil hostile réservé aux résultats du groupe de semi-conducteurs AMD, un mouvement qui a souri aux Bourses européennes.
A Wall Street, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – a reculé de 1,51% et l’indice élargi S&P 500 a perdu 0,51%. Seul le Dow Jones, qui regroupe des industries plus classiques, est parvenu à clôturer en hausse (+0,53%).
Figurant parmi les principaux fournisseurs de puces électroniques dédiées à l’intelligence artificielle (IA), AMD a dépassé les attentes lors des trois derniers mois de 2025, affichant même un bénéfice net multiplié par trois par rapport à un an plus tôt.
Et ses prévisions pour le trimestre en cours ont aussi été supérieures aux anticipations des analystes.
Mais cela n’a pas suffi à convaincre les investisseurs, loin de là.
L’action AMD a dévissé de 17,31% à 200,19 dollars à New York, soit environ 60 milliards de dollars de capitalisation boursière envolés en fumée.
Steve Sosnick, d’Interactive Brokers, note « l’écart considérable » entre les performances passées d’AMD et la valorisation de l’entreprise, soulignant « à quel point l’enthousiasme était (déjà) pris en compte dans le cours des actions ».
« Très bon n’était pas suffisant. Il fallait que ce soit excellent », ajoute-t-il.
Le désintérêt pour les valeurs technologiques s’explique aussi par « des inquiétudes liées aux bouleversements induits par l’intelligence artificielle », souligne auprès de l’AFP Angelo Kourkafas.
Anthropic, l’entreprise derrière le modèle de langage Claude, a dévoilé en début de semaine un nouvel outil IA conçu pour traiter les tâches juridiques.
La nouvelle a ravivé les craintes des éditeurs de logiciels quant au fait que l’intelligence artificielle puisse rendre « leur modèle économique moins lucratif », analyse auprès de l’AFP Amélie Derambure, gérante de portefeuille diversifié chez Amundi.
Les acteurs de l’intelligence artificielle n’en profitent pas pour autant, car les interrogations latentes « autour de leur rentabilité » sont toujours aussi fortes, ajoute Amélie Derambure.
Nvidia, symbole du dynamisme de l’IA, a perdu 3,41% à Wall Street mercredi.
A Amsterdam, ASML, qui vend des machines de pointe pour la fabrication de semi-conducteurs, a fini en baisse de 4,18%, et à Paris, les entreprises d’informatique Capgemini et Atos ont clos respectivement à -2,34% et -4,07%.
L’Europe en forme, l’inflation baisse
Les investisseurs ont profité de ce désengagement des valeurs américaines pour investir en Europe.
La Bourse de Paris a clos en forte hausse de 1,01% et celle de Milan a gagné 0,47%. Londres (+0,85%) a même connu un plus haut historique en clôture (à 10.402,34 points), deux jours après un précédent pic. A Zurich, le SMI gagné 1,01%.
Seul Francfort a terminé en repli de 0,72%.
L’inflation a ralenti en janvier dans la zone euro, s’affichant à 1,7% sur un an contre 1,9% en décembre, en raison d’un recul des prix de l’énergie, selon la première estimation mensuelle publiée mercredi par Eurostat.
Cette baisse survient à la veille de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait malgré tout laisser ses taux inchangés.
Sur le marché des changes, la monnaie européenne était en légère baisse (-0,12%) face au billet vert, à 1,1805 dollar pour un euro vers 21H45 GMT.
Vents contraires dans la pharma
Plusieurs grosses entreprises du secteur pharmaceutique ont annoncé des résultats qui ont positivement surpris.
L’américain Eli Lilly (+10,39% à 1.107,75 dollars) a ainsi connu un bond inattendu de ses bénéfices au dernier trimestre 2025.
Pareillement, à Londres, le laboratoire GSK (+6,91% à la clôture) a profité de l’annonce de ventes supérieures aux attentes.
A l’inverse, le laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk a chuté de 17,17% à Copenhague. Il avait annoncé mardi soir qu’il prévoyait un recul de 5% à 13% de ses ventes en 2026, à changes constants, en raison de la baisse des prix de ses traitements contre l’obésité aux Etats-Unis.
Le pétrole crispé par l’Iran
Les cours du pétrole ont fini en forte hausse mercredi. Les opérateurs ont exprimé leurs inquiétudes sur une possible impasse sur les discussions entre Washington et Téhéran.
Le baril de Brent de la mer du Nord a pris 3,17% à 69,46 dollars et son équivalent américain, le WTI, a gagné 3,05% à 65,14 dollars.
afp/rp