Gazoducs Nigeria Maroc Algérie
Les deux projets évoluent donc selon des temporalités différentes : le TSGP dispose désormais d’un chantier ouvert en Algérie et s’apprête à franchir une nouvelle étape au Niger, tandis que le projet Maroc-Nigeria demeure encore suspendu à plusieurs décisions techniques, financières et institutionnelles.

Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) entre dans une phase opérationnelle en Algérie, tandis que le gazoduc africain atlantique porté par le Nigeria et le Maroc doit encore franchir plusieurs étapes avant sa décision finale d’investissement. Deux projets énergétiques majeurs, deux calendriers qui se dessinent désormais avec davantage de netteté. Le gazoduc transsaharien (TSGP) avance progressivement.

Selon les informations rapportées par Algérie 360°, l’Algérie a lancé en juin 2026 les travaux sur son tronçon, alors que le Niger s’apprête à engager les opérations préparatoires nécessaires à la définition précise de son tracé.De son côté, le projet de gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc poursuit ses études et vise toujours une décision finale d’investissement avant la fin de l’année 2026.Le Niger prépare le tracé du TSGP

Le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a annoncé le lancement, début octobre, des relevés topographiques destinés à déterminer le tracé du gazoduc sur le territoire nigérien.Ces opérations doivent être complétées par différentes études environnementales, géotechniques et d’impact. Niamey entend également coordonner le calendrier de ces travaux avec Alger.

Cette nouvelle étape intervient après la visite effectuée au Niger, les 21 et 22 septembre, par le ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Les discussions entre les deux parties ont notamment porté sur l’accélération des études relatives au tronçon nigérien, rapporte Algérie 360°. Le calendrier du TSGP commence ainsi à prendre une forme plus concrète, avec des travaux déjà engagés en Algérie et une phase préparatoire qui doit désormais démarrer au Niger.

L’Algérie a déjà lancé ses travaux

Sur le territoire algérien, le chantier a officiellement démarré le 4 juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Le lancement avait réuni les responsables chargés des Hydrocarbures des trois pays concernés : l’Algérie, le Niger et le Nigeria. D’après les données citées par Algérie 360°, le TSGP doit s’étendre sur environ 4 128 kilomètres, dont quelque 841 kilomètres au Niger. Les trois partenaires ont également adopté en juin une étude de faisabilité actualisée.

Auparavant, Alger et Niamey avaient signé, en mars, un mémorandum d’entente portant notamment sur la formation, l’échange d’expertise et le transfert de technologie. L’objectif est de créer une liaison permettant au gaz nigérian de rejoindre le réseau gazier algérien, avec une perspective d’acheminement vers les marchés européens.

Le projet Maroc-Nigeria reste soumis à plusieurs étapes

Le calendrier du gazoduc africain atlantique est différent. Selon Algérie 360°, l’étude d’impact concernant la partie marocaine, menée sous la supervision de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et de la NNPC, prévoit une décision finale d’investissement au quatrième trimestre 2026. La partie marocaine représenterait environ 2 220 kilomètres, dont près de 390 kilomètres en mer. Sa construction devrait ensuite nécessiter environ deux ans et demi.

Mais plusieurs étapes doivent encore être franchies avant le lancement effectif du chantier : mise en place d’une société de projet à Casablanca, création d’une structure de gouvernance à Abuja, mobilisation des financements et, enfin, validation de la décision finale d’investissement.

Deux corridors gaziers aux trajectoires différentes

Les deux projets reposent sur des itinéraires et des calendriers distincts.Le TSGP doit relier le Nigeria au Niger puis à l’Algérie, sur environ 4 128 kilomètres. Le projet de gazoduc africain atlantique doit, à terme, relier le Nigeria au Maroc en traversant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Sa longueur globale est estimée à environ 6 900 kilomètres, pour un tracé traversant 13 pays.Son coût est évalué à environ 25 milliards de dollars, selon les données citées par African Business et reprises par Algérie 360°.

Une première phase du gazoduc atlantique sans liaison directe avec le Nigeria

Un élément particulièrement important concerne le phasage du projet Maroc-Nigeria. Contrairement à ce que pourrait laisser penser son appellation, la première phase du gazoduc atlantique ne doit pas encore relier directement le Nigeria au Maroc. Selon l’étude d’impact citée par Algérie 360°, cette première étape doit notamment permettre de connecter le Maroc aux ressources gazières de Mauritanie et du Sénégal, tandis que d’autres composantes concernent notamment la Côte d’Ivoire et le Ghana.

La mise en service commerciale de cette première phase est envisagée pour le deuxième trimestre 2031. Le raccordement aux ressources nigérianes doit intervenir dans des phases ultérieures.La NNPC ne considère pas les deux projets comme incompatibles.

Malgré les rivalités géopolitiques qui opposent Alger et Rabat, les autorités nigérianes ne présentent pas officiellement les deux gazoducs comme des projets nécessairement concurrents. Le porte-parole de la NNPC, Andy Odeh, avait démenti en août, dans des déclarations au Daily Trust, l’abandon du projet transsaharien au profit du gazoduc atlantique. Il avait toutefois cité plusieurs difficultés susceptibles de peser sur l’avancement du TSGP, notamment les questions sécuritaires, l’instabilité au Sahel et les relations tendues entre l’Algérie et le Maroc.Le responsable nigérian avait parallèlement confirmé que le projet transsaharien poursuivait son développement.

Alger et Niamey renforcent leur coopération énergétique

L’avancement du TSGP intervient également dans un contexte de rapprochement entre l’Algérie et le Niger.Algérie 360° rappelle notamment la visite en Algérie, en février 2026, du général Abdourahamane Tiani, ainsi que la tenue en mars de la Grande commission mixte algéro-nigérienne.Cette coopération donne au projet gazier une dimension qui dépasse la seule question énergétique. Le développement des infrastructures, le transfert de savoir-faire et la coordination entre les deux pays constituent désormais des éléments associés au calendrier du TSGP.

À travers ces deux corridors, le Nigeria cherche à diversifier ses voies d’exportation de gaz. L’Algérie entend pour sa part consolider son rôle de plateforme énergétique vers l’Europe, tandis que le Maroc mise sur un corridor atlantique reliant progressivement les ressources gazières ouest-africaines aux marchés du nord du continent.

Les deux projets évoluent donc selon des temporalités différentes : le TSGP dispose désormais d’un chantier ouvert en Algérie et s’apprête à franchir une nouvelle étape au Niger, tandis que le projet Maroc-Nigeria demeure encore suspendu à plusieurs décisions techniques, financières et institutionnelles.

Source : Algérie 360°, Ahmed Saifi.

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