Suite à l’appel lancé le 30 septembre par le Pape Léon XIV en faveur de la région du Tigré, en proie à des troubles, les évêques d’Éthiopie exhortent à la paix et à la prière, soulignant que le conflit armé ne fait qu’aggraver les problèmes existants et dénoncent la douloureuse réalité selon laquelle il touche les plus vulnérables.
Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican
«L’Église catholique éthiopienne appelle instamment toutes les parties à ouvrir leur cœur au pardon et à la réconciliation en renouvelant l’esprit de fraternité et de sororité qui nous unit, afin que notre nation puisse connaître une paix juste, durable et authentique». Tel est l’appel lancé par les évêques catholiques d’Éthiopie dans une lettre publiée le 1er octobre par la Conférence épiscopale catholique d’Éthiopie.
Le message commence par souligner que l’Église catholique éthiopienne déplore profondément le conflit armé qui sévit actuellement au Tigré, en Afar, en Amhara, en Oromia et dans d’autres régions du pays.
«Plutôt que de résoudre les différends», écrivent les évêques, «la guerre ne fait qu’aggraver les divisions et multiplier les souffrances. Elle fait payer un lourd tribut en vies humaines, inflige de graves ravages aux communautés et aux biens, et sème les graines de la haine, du ressentiment et de la vengeance qui peuvent perdurer pendant des générations».
Les évêques éthiopiens se sont fait l’écho de l’appel à la paix lancé par le Pape Léon XIV à l’issue de l’audience générale mercredi dernier, à son retour de son voyage apostolique en France, où il avait déclaré suivre avec une profonde inquiétude la situation au Tigré et dans les régions voisines d’Afar et d’Amhara, où les hostilités ont de nouveau éclaté.
«Les conflits armés ne font qu’aggraver les problèmes»
«J’adresse un appel sincère à toutes les parties pour qu’elles choisissent la voie du dialogue. Les conflits armés ne résolvent jamais les problèmes, mais ne font que les aggraver, laissant dans leur sillage une traînée de mort, de destruction et de rancœur. Seul un engagement sincère peut jeter les bases d’une paix durable» avait lancé le Saint-Père.
Dans la lignée de cette exhortation, les évêques catholiques d’Éthiopie ont ainsi lancé un appel dans leur déclaration «à considérer la vie d’autrui comme notre propre vie et la souffrance d’autrui comme notre propre souffrance, car la paix de notre chère nation, l’Éthiopie, est une responsabilité qui nous incombe à tous». «Nous prions de tout cœur, précisent-ils, pour que tous les différends soient réglés par un dialogue sincère et que toutes les formes de conflit cessent».
Unis dans la prière pour la paix
Ils rappellent aussi la réalité «douloureuse» selon laquelle, chaque fois que la violence éclate, ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus, en particulier les innocents, les enfants, les femmes, les personnes âgées et les malades.
«Nous continuons à faire entendre notre voix, afin que cela ne se produise pas et pour implorer le Seigneur de protéger chaque vie humaine. Nous affirmons donc qu’une paix enracinée dans la vérité, la justice, le pardon et la réconciliation peut apporter la guérison à notre nation et servir le bien-être de tous nos peuples. Une telle paix reflète les valeurs de l’Évangile, favorise le bien commun, défend la dignité sacrée de la personne humaine et correspond à la volonté de Dieu pour son peuple», notent encore les prélats éthiopiens, exhortant tous les fidèles catholiques et toutes les personnes de bonne volonté à persévérer dans la prière et le jeûne, en implorant Dieu Tout-Puissant d’accorder à leur nation les bénédictions de la réconciliation, de l’unité et d’une paix durable.
«Les conflits armés ne résolvent jamais les problèmes, mais ne font que les aggraver, laissant dans leur sillage une traînée de mort, de destruction et de ressentiment», a affirmé …