Le drone est devenu l’arme reine d’un conflit où la masse compte autant que la technologie. Bon marché, produit en grande série, il permet à un acteur moins doté de frapper un adversaire plus riche et d’user ses défenses. C’est dans ce cadre que Volodymyr Zelensky a lancé, au printemps 2026, son « opération d’influence de quarante jours », confiée au Service de sécurité d’Ukraine (SBU), visant à mettre fin à la guerre en poussant le Kremlin à négocier un cessez-le-feu, en réaction à la guerre des drones portée sur le territoire russe, qui était censée monter la population russe contre l’« opération spéciale » en Ukraine.

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Dès mars 2026, l’Ukraine a ainsi intensifié ses frappes de missiles et surtout de drones sur les raffineries et installations d’exportation russes, le port d’Ust-Luga ayant été touché à plusieurs reprises. L’objectif était de frapper la rente pétrolière qui finance l’effort de guerre, puis de désorganiser la logistique et de transporter l’usure à l’intérieur même de la Russie. Selon les données officielles, la plupart des grandes raffineries russes auraient été touchées depuis janvier, la capacité de raffinage aurait reculé, le prix de l’essence a flambé et de nombreuses régions plafonnent les ventes de carburant, avec une interdiction d’exporter prolongée jusqu’à la fin de l’année. L’ampleur du recul varie toutefois fortement selon les sources, d’une quinzaine à plus de quarante pour cent, et mérite la prudence. Par ailleurs, cette stratégie a eu un très fort coût économique et social, et donc de sérieuses limites pour l’Ukraine. C’est sur ce fond qu’il faut lire l’opération « Vivaldi », conduite par le Troisième Corps d’armée dans le secteur de Lyman, au nord de la région de Donetsk. Annoncée publiquement le 15 septembre dernier, et qui poursuit la stratégie de « 40 jours ». Elle visait à repousser les forces russes, à casser leurs tactiques d’infiltration puis à perturber leurs lignes de ravitaillement.

En fait, le choix du nom, comme la conduite par saisons successives, relève plus de la communication que de la tactique : il s’agissait de donner au public occidental une impression de succès que les résultats réels sur le front du Donbass ne confirment pas. L’opération Vivaldi n’a pas permis de reprendre les territoires occupés, ni ne fait perdre à la Russie sa capacité à absorber ces pertes et à les compenser. Les forces russes demeurent à quelques kilomètres de Kramatorsk et de Sloviansk, et la prise complète du Donbass, jugée improbable en 2026, redevient plausible en 2027. Moscou prépare, après les élections, deux vagues d’environ trois cent mille mobilisés, tout en s’appuyant sur des combattants venus de dizaines de pays et sur des contingents nord-coréens installés dans la durée. Kiev vise une trentaine de milliers de recrues par mois, mais se heurte aux scandales des centres de recrutement, à des désertions en forte hausse et à une corruption dont la fuite de hauts responsables a révélé l’ampleur. Les deux armées compensent ainsi leurs pertes par une internationalisation inquiétante du conflit.