Le︂ go︄uve︋rnem︎e︎nt g︌hanéen︇ f︅ranch︁it un c︃ap s︊tratégique︁ dans la di︈ve︈r︅si︉f️ic︉a︉tion d︉e︄ se︄s︊ all️ianc︌e︂s int️ernatio︆nales. L︅e Co︄nseil des mi︇nistres︅,︆ réu︃ni sous︊ la d︁i️r︆ect︆ion du préside︅nt Jo️hn D︊r︈a︄m︀a︀ni Mahama, a fo︅r︀mellement validé le p︅r︋inci︎pe︆ d’︁u︊n dépôt d︇e candi︇dature︂ po︀u︁r︌ r︂ejo︇i︂n︍dre️ l︌es️ BRICS︀. Ré︋vélée le 6 octob️r︅e︈ 2026 à︌ Accra par le m︁in︍is︈tre︁ des A︊f︀f︈a︆i︄re︉s é︅tra︁n︊gèr︃es,︅ Samuel Okudze︂t︁o️ Ablak︉wa, c︆ette orie︄ntat︂ion m︅arque︆ l︋e déb︋ut d’un p︆roc︉essu︃s prépar︄ato︇i︊re q️ui︀ n︋éc︎e︌ssitera la trans︉missio︆n d︄’u︄ne d︄em︀ande︁ é︆c️rite forme︁lle︈ et l’︉appr︇o️ba️tio︁n︆ unanime︎ des︌ État️s me︉mb︎res du bloc.︋

L’accès au groupe dépendra strictement de la règle du consensus qui régit l’élargissement des BRICS. Assurant la présidence tournante de l’organisation pour l’année 2026, l’Inde s’est montrée attentive aux aspirations ghanéennes par la voix de Subrahmanyam Jaishankar, tout en rappelant que toute intégration relève d’une délibération collective. Le 18ᵉ sommet des BRICS s’étant achevé à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026 sans désignation de nouveau membre, l’examen officiel de la candidature d’Accra pourrait attendre la présidence chinoise de 2027. Si cette démarche aboutit, le Ghana deviendrait le deuxième pays d’Afrique de l’Ouest associé aux BRICS, après le Nigeria, admis comme pays partenaire en janvier 2025.

Cette orientation diplomatique s’inscrit au cœur de la stratégie économique défendue par le président John Dramani Mahama. Le gouvernement cherche à consolider son indépendance financière après la conclusion, le 27 juillet 2026, de la sixième et dernière revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI), qui a donné lieu à un décaissement final d’environ 371 millions de dollars.

En basculant vers un Instrument de coordination des politiques (PCI) non financé, Accra entend desserrer l’étau des conditionnalités traditionnelles et explorer de nouvelles sources de capitaux, à l’image de la Nouvelle Banque de développement (NDB).

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Sur le plan monétaire, le pays développe parallèlement des mécanismes de dédollarisation ciblée de son commerce extérieur. Sous l’égide de la Banque du Ghana, des banques locales mènent des phases pilotes permettant de régler directement en yuans des importations chinoises à partir de comptes libellés en cedis, via le système de paiement transfrontalier chinois CIPS.

Les autorités ghanéennes ont toutefois tenu à souligner que ce rapprochement avec les économies émergentes ne constitue pas une rupture avec leurs partenaires historiques ni avec les institutions de Bretton Woods.

Sur la scène intérieure, l’initiative du gouvernement suscite des réserves au sein de la classe politique. Sur les ondes de la radio privée Joy FM, Samuel Abu Jinapor, chef de file de l’opposition (NPP) à la commission parlementaire des Affaires étrangères, a réclamé un examen parlementaire approfondi, soulignant que l’ouverture vers le bloc s’accompagne d’exigences et de contraintes économiques notables.

De leur côté, des universitaires ghanéens invitent à ne pas surestimer les retombées immédiates d’une adhésion et recommandent de préserver les équilibres commerciaux traditionnels.

L’équation diplomatique comporte également des défis sensibles sur le continent, notamment avec l’Afrique du Sud, membre historique et influent des BRICS. Les relations entre Accra et Pretoria sont tendues depuis les violences xénophobes d’avril 2026, qui ont contraint le gouvernement ghanéen à mobiliser 49,7 millions de cedis pour rapatrier et réinsérer près de 2 000 de ses ressortissants.

La diplomatie ghanéenne devra donc manœuvrer avec prudence pour renforcer son dialogue avec ses pairs africains et désamorcer toute réticence avant l’officialisation de sa candidature.