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Alors que le géant automobile Stellantis accuse un léger repli mondial au troisième trimestre 2026 avec 1,3 million de véhicules expédiés, la dynamique exceptionnelle du marché algérien s’impose comme une bouée de sauvetage stratégique.
Dans une région Moyen-Orient et Afrique secouée par l’effondrement du marché turc et les tensions géopolitiques dans le Golfe, l’Algérie permet au groupe de limiter la casse pendant que l’Europe électrique tente de compenser le recul nord-américain.
L’Algérie en première ligne pour amortir le choc au Moyen-Orient et en Afrique
La zone Moyen-Orient et Afrique traverse une zone de fortes turbulences au cours de ce trimestre clos le 30 septembre 2026, enregistrant une chute globale de 21 % sur un an, soit environ 20 000 véhicules en moins. Sans la vitalité du marché algérien, combinée à celle du Maroc, le bilan régional aurait été nettement plus lourd pour le constructeur. La progression soutenue des livraisons en Algérie a en effet fait plus que compenser le repli enregistré dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, directement pénalisés par le conflit régional.
Le véritable point noir de la région provient de la Turquie, qui perd à elle seule environ 21 000 unités sur la période. Ce décrochage turc s’explique à la fois par un marché local atone et par la réduction volontaire des importations de véhicules, alors que le groupe prépare le démarrage de la production locale de petits fourgons prévu dès octobre 2026. Dans cette phase de transition industrielle délicate, l’Algérie s’affirme plus que jamais comme le pilier de stabilité de Stellantis au sud de la Méditerranée.
Un bilan mondial en léger repli malgré une résistance globale
À l’échelle mondiale, les estimations consolidées de Stellantis font état de 1,3 million d’unités livrées au troisième trimestre 2026, ce qui représente une baisse contenue de 1 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. Ces volumes, qui regroupent les véhicules acheminés vers le réseau, les distributeurs ou directement vers les clients finaux et les flottes d’entreprises, constituent la base directe de la comptabilisation du chiffre d’affaires du groupe.
Cet équilibre précaire résulte d’un grand écart géographique. La montée en puissance des véhicules électriques à batterie sur le continent européen ainsi que la résilience nord-africaine ont permis d’absorber en grande partie le recul marqué de l’Amérique du Nord et le trou d’air du marché turc.
L’Europe élargie et Leapmotor portent la croissance électrique du groupe
L’autre grand moteur de Stellantis durant ce trimestre se situe en Europe élargie, où les expéditions bondissent de 10 % sur un an pour gagner environ 54 000 unités. Les motorisations électriques constituent le principal levier de cette dynamique, portées conjointement par les marques historiques du groupe et par l’essor spectaculaire de Leapmotor.
Au sein du portefeuille Stellantis, le succès repose avant tout sur la nouvelle plateforme Smart Car, qui génère à elle seule près de 26 000 livraisons supplémentaires grâce aux Citroën C3 et C3 Aircross, à l’Opel et Vauxhall Frontera ainsi qu’à la Fiat Grande Panda.
La nouvelle Fiat 500 Hybrid et le Jeep Compass renforcent également cette tendance positive avec respectivement 6 000 et 5 000 unités écoulées, tandis que les véhicules utilitaires légers progressent d’environ 7 000 exemplaires grâce à leurs déclinaisons électriques.
Ces performances permettent d’effacer le recul d’environ 28 000 unités observé sur des modèles plus installés comme l’Opel Corsa, l’Opel Mokka, la Citroën C4, l’Alfa Romeo Junior et la Peugeot 2008. De son côté, la marque partenaire Leapmotor s’envole de 34 000 unités pour atteindre un volume total de 44 000 véhicules livrés, propulsée par le lancement réussi des nouveaux modèles B10 et B03X.
L’Amérique du Nord freinée par les arrêts d’usines malgré le réveil de Ram
Outre-Atlantique, la situation reste complexe avec une baisse des livraisons de 12 % sur un an, correspondant à un manque à gagner d’environ 47 000 véhicules. Ce repli découle principalement de l’arrêt programmé de la production durant l’été, une pause industrielle qui a lourdement pesé sur la marque Jeep et plus particulièrement sur les modèles Grand Cherokee et Compass, dont les expéditions ont reculé d’environ 25 000 unités par rapport à l’an dernier.
La marque Ram parvient toutefois à limiter l’ampleur de cette baisse nord-américaine en affichant un gain d’environ 17 000 unités sur un an. Ce rebond s’appuie sur le renouvellement de la gamme et sur l’élargissement de l’offre mécanique, marquée par le retour très attendu du moteur Hemi V8 léger sur le Ram 1500 et par l’arrivée du nouveau Ram 1500 TRX.
L’Amérique du Sud et l’Asie-Pacifique partagées entre contrastes locaux
Les autres régions du monde confirment la nécessité pour Stellantis de s’appuyer sur des marchés relais solides face aux aléas conjoncturels. En Amérique du Sud, les volumes quasi stables accusent un léger repli d’environ 1 000 unités sur un an. L’excellente santé du marché brésilien, qui progresse d’environ 13 000 véhicules grâce à un environnement économique porteur, ne suffit pas tout à fait à compenser la contraction d’autres pays de la zone, au premier rang desquels figure l’Argentine qui perd environ 11 000 unités dans un contexte économique défavorable.
En Asie-Pacifique, le trimestre se solde par un volume de 15 000 véhicules livrés, en recul d’environ 6 % sur un an. Le groupe y subit la faiblesse du marché japonais ainsi qu’un effet de base défavorable par rapport aux volumes élevés de l’année précédente, qui avaient bénéficié de plusieurs lancements de produits. À l’image du rôle joué par l’Algérie dans sa région, l’Inde vient toutefois adoucir ce recul asiatique grâce à la progression constante des modèles issus de la plateforme Smart.
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