Dans un contexte marqué par les enjeux de souveraineté alimentaire et la forte dépendance du pays aux importations alimentaires, l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) a présenté, le 17 février 2026, son Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030. Doté d’un budget de 167,42 milliards FCFA soit un peu plus de 255 millions d’euros, ce programme vise à stimuler la productivité agricole, moderniser les exploitations et consolider durablement l’économie rurale ivoirienne.
La mise en œuvre de ce plan intervient alors que la Côte d’Ivoire demeure l’un des plus importants importateurs de denrées alimentaires en Afrique de l’Ouest. Selon un rapport de la CNUCED publié en juillet 2025, le pays a importé pour près de 2,4 milliards € de produits agricoles et alimentaires entre 2021 et 2023, se positionnant comme le deuxième plus grand importateur de la région derrière le Nigeria. Le riz, ainsi que les viandes et abats comestibles, figurent parmi les principaux postes de dépenses, des segments directement liés aux priorités d’intervention annoncées par l’ANADER.
Cap sur la productivité et la compétitivité agricoles
Avec ce nouveau cadre stratégique, l’ANADER entend réaffirmer son rôle d’outil opérationnel de l’État dans l’accompagnement des producteurs. Le plan s’articule autour de cinq axes majeurs, dont le renforcement de la compétitivité agricole, l’intensification et la personnalisation du conseil agricole, ainsi que la facilitation de l’accès aux intrants et à la mécanisation.
Au-delà de la simple augmentation des rendements, l’approche privilégie un accompagnement technique adapté aux spécificités de chaque filière et territoire. Cette orientation reflète la volonté de rendre l’encadrement agricole plus efficace, dans un contexte où la mise à niveau de l’appareil agricole demeure un levier essentiel pour réduire la dépendance alimentaire et assurer la sécurité nutritionnelle.
Le programme prévoit une montée en puissance de plusieurs filières stratégiques — maïs, riz, manioc, anacarde et cacao — à travers l’introduction de plants améliorés, la réhabilitation des vergers et l’optimisation des pratiques culturales et d’élevage. L’objectif est d’accroître à la fois les rendements et les superficies cultivées, tout en dopant les performances des éleveurs.
L’emploi rural et l’entrepreneuriat agricole au cœur de la stratégie
Le PSD 2026-2030, qui intervient dans le sillage de l’adoption du Plan national de développement engagé sur la même période, accorde également une place centrale à la transformation socio-économique du monde rural. L’entrepreneuriat agricole et la création d’emplois figurent parmi les priorités, avec des mesures visant à accompagner la création et l’installation d’entreprises rurales, à soutenir les petites et moyennes entreprises agricoles et à favoriser l’inclusion financière.
L’accent mis sur l’autonomisation des jeunes et des femmes, ainsi que sur la structuration des organisations professionnelles, s’inscrit dans une logique de développement rural intégré. Le plan comprend en outre des actions de sensibilisation à la santé communautaire, à la nutrition et un appui aux collectivités locales dans leur planification, traduisant une approche plus transversale du développement agricole.
Le document stratégique prévoit également un renforcement de la performance institutionnelle de l’ANADER, à travers l’amélioration de la gestion administrative et financière, l’optimisation des ressources humaines et la digitalisation des outils de travail. La gouvernance, l’innovation technologique et la durabilité environnementale constituent par ailleurs des volets clés, avec une prise en compte explicite des enjeux climatiques dans l’accompagnement des producteurs.