À l’occasion du forum de Davos qui s’est tenu en janvier, le Premier ministre canadien Mark Carney a donné un discours très intéressant. Quelles idées peut-on en retenir pour l’Europe ? Notons tout d’abord qu’il a renforcé la portée de son discours en le prononçant en français, c’est-à-dire dans la langue de l’indépendance vis-à-vis du monde anglo-saxon. Sur ce point, on ne peut d’ailleurs que regretter que notre président ait choisi – lui – l’anglais ! Voici qui est lourd de significations quant à son caractère, qui semble préférer la vassalité et la soumission à l’indépendance.

On peut toutefois relever une contradiction forte dans le propos de Mark Carney. En effet, il appelle à « construire un nouvel ordre international qui intègre nos valeurs, comme le respect des droits humains, le développement durable, la solidarité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des États. » On croirait ici entendre Justin Trudeau, que Carney a soutenu pendant de longues années. Et pourtant celui-ci déclare également : que « tous nos partenaires ne partagent pas nécessairement nos valeurs » ; ailleurs, que «&nbspl’ordre international est – aujourd’hui – plutôt fondé sur la force des « plus puissants » que sur le respect des règles&nbsp».

Tout cela est-il bien cohérent ?

Ce qui semble intéressant dans son propos, c’est quand Carney appelle à sortir de la vassalité et au développement d’une diplomatie des «&nbsppuissances moyennes&nbsp» qui – si l’on comprend bien – serait indépendantes des États les plus puissants. Est-ce ce que fait l’UE. ? Et l’Europe s’exprime-t-elle d’une seule voix ? Bien sûr que non ! Les uns s’expriment en bons « toutous » aux ordres de Washington, quand ce n’est pas de Moscou ou même de… Doha !

Mark Carney appelle donc ces « puissances moyennes » à « renforcer leur autonomie stratégique dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation, des minéraux critiques, de la finance et des chaînes d’approvisionnement »…