Les droits de personnes LGBT+ risquent de reculer encore au Sénégal. Mardi, lors d’une séance à l’Assemblée, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé un projet de loi visant à durcir les peines réprimant les relations homosexuelles.
« Toute personne qui aura commis un acte contre-nature sera punie d’un emprisonnement de cinq à dix ans », contre un à cinq ans de prison actuellement, a-t-il déclaré. « Si l’acte est commis avec un mineur, le maximum de la peine sera prononcé. Le juge ne pourra prononcer le sursis ni réduire l’emprisonnement au-dessous du minimum de la peine prévue », a-t-il détaillé. Le texte devra être soumis au vote des députés.
« L’apologie » interdite
Selon Ousmane Sonko, l’une des nouveautés du projet de loi est la définition de l’homosexualité dans le Code pénal : « Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe constitue un acte contre nature ». Par ailleurs, le projet de loi prévoit de désormais sanctionner « toute personne qui aura fait l’apologie » de l’homosexualité. Elle « sera punie d’un emprisonnement de trois à sept ans », a précisé le Premier ministre.
Le gouvernement avait annoncé le 17 février avoir « examiné et adopté » en Conseil des ministres un projet de loi modifiant l’article 319 du Code pénal relatif aux relations homosexuelles.
Une trentaine de personnes arrêtées
Depuis plusieurs semaines, le pays ouest-africain, majoritairement musulman, est agité par une série d’arrestations pour « homosexualité présumée ». La gendarmerie avait annoncé le 7 février l’arrestation de 12 hommes, dont deux célébrités locales, accusés notamment « d’actes contre nature ». Plusieurs des personnes interpellées ont été testées séropositives et sont accusées par les autorités sénégalaises de « transmission volontaire du VIH-sida par des rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui ». La presse locale fait état d’une trentaine de personnes arrêtées au Sénégal depuis lors.
Ces dernières années, la question de l’homosexualité a régulièrement agité la société sénégalaise. Plusieurs manifestations à l’appel d’associations religieuses ont eu lieu pour demander le durcissement des peines encourues. L’homosexualité y est aussi souvent décriée comme un instrument employé par les Occidentaux pour imposer des valeurs prétendument étrangères à la culture du pays.