Le 28 janvier, notre petit groupe a visité le centre FEDASIL de Woluwe-Saint-Pierre. Un centre d’accueil pour migrants. Un univers dont nous ne savions absolument rien et qui a bien chamboulé nos a priori.
Première surprise, les personnes qui séjournent au centre de Woluwe sont des mineurs. Beaucoup de garçons, quelques filles. Nous pensions rencontrer des familles, mais la plupart sont arrivés seuls ou ont été séparés de leurs parents. Les pays d’origine des jeunes nous ont étonnés. Au vu de l’actualité internationale, nous supposions qu’ils viendraient du Moyen-Orient, par exemple de Syrie, de Palestine, d’Iran ou encore d’Afghanistan. Pourtant, la majorité viennent de l’Afrique subsaharienne : Côte d’Ivoire, Guinée, Nigeria, Burkina Faso.

Move with Africa ©Move with Africa
Nous comprendrons rapidement pourquoi. Une employée du centre nous a expliqué le parcours des migrants, leurs motivations, la procédure de demande d’asile en Belgique et la manière dont ils sont accueillis, dans l’attente d’une décision des autorités belge. Il s’avère que les personnes accueillies dans le centre ne fuient pas que les guerres. Elles migrent aussi parfois à cause de la pauvreté ou d’un manque de liberté. Dans certains pays, les femmes ne sont pas libres. Ou l’homosexualité est considérée comme un crime capital. Ailleurs, ce sont les minorités ethniques qui sont opprimées. Parfois, c’est simplement l’impossibilité de s’exprimer qui pousse à affronter tous les dangers sur le chemin vers l’Europe. Et de ces traumatismes, nous ne savons (souvent) rien.
Les jeunes que nous avons rencontrés se sont rarement livrés sur les raisons de leur migration. Nous ne sommes pas là pour les brusquer en les questionnant sur des souvenirs douloureux. Nous avons plutôt partagé des jeux et un goûter que nous avions préparés.
Cette rencontre nous en a appris davantage que beaucoup d’exposés. Elle a bousculé pas mal de nos représentations. Nous imaginions les résidents un peu tristes, repliés sur eux-mêmes, fermés à notre façon de vivre. Néanmoins, nous nous sommes rapidement trouvé des points communs, comme le sport ou l’utilisation intensive du smartphone. Dans le fond, rien ne les différencie vraiment des adolescents belges.

Move with Africa ©Move with Africa
Nous avons parfois tendance à croire que dans un centre d’accueil, les migrants sont passifs et bénéficient de la générosité de la Belgique, avant d’obtenir des papiers pour les plus chanceux. Mais c’est tout le contraire. Nous avons rencontré des jeunes qui manifestent leur volonté de s’intégrer en apprenant le français, en aidant aux tâches du centre et en participant à différentes activités, même lorsque ce n’est pas obligatoire. La rencontre avec notre groupe se faisait d’ailleurs sur une base volontaire. Ce qui leur est offert par le centre leur permet de subvenir à leurs besoins vitaux, mais pas de quoi se faire réellement plaisir. Nos pâtisseries étaient donc bien appréciées et elles apportaient un peu de variété à leur routine alimentaire.
Ces jeunes ne sont manifestement pas contre nos traditions. Leur enthousiasme par rapport à notre régime politique et à ses libertés est évident. Ils ont dit la chance que nous avions de vivre en Belgique. Leur pays leur manque et ils auraient sans doute préféré ne jamais devoir le quitter. Au fur et à mesure des échanges, nous avons compris qu’ils ont tout quitté car ils rêvent simplement d’une vie normale, paisible, où leurs droits sont respectés.
Comme n’importe quel autre citoyen du monde, finalement.