L’Homme et le chimpanzé ont 98 % de leur ADN en partage. Ces primates, dont le comportement se révèle parfois très humain, rient, s’étreignent, se servent d’outils et sont capables d’apprendre à communiquer en langue des signes. Leurs facultés cognitives particulièrement développées ne sont plus à prouver. Une découverte rapportée par la revue Current Biology, a mis en évidence leur aptitude à réagir de façon inventive face à une blessure susceptible de s’infecter. Un cas de médication surprenant, reposant sur l’utilisation d’insectes volants.
Comment les orangs-outans et les chimpanzés utilisent-ils les plantes pour se soigner ?
C’est une scène inédite en milieu naturel qui s’est déroulée durant l’été 2022 dans le parc national de Gunung Leuser. Rakus, un orang-outan de Sumatra, appliquait volontairement sur la plaie qu’il portait à la joue une plante réputée pour ses vertus antibactériennes, antifongiques et anti-inflammatoires. En l’espace de quelques jours, la blessure avait cicatrisé.
Un comportement comparable a également été observé chez les chimpanzés. Déjà identifiés comme consommant des plantes aux propriétés thérapeutiques, certains d’entre eux déposent aussi sur leurs propres blessures des cataplasmes réalisés à partir de feuilles mâchées. En Ouganda, ils utilisent par ailleurs des insectes.
Les chimpanzés exploitent-ils les propriétés antimicrobiennes des insectes ?
Ce « traitement » a été documenté à plusieurs reprises au sein du parc national de Kibale, en Ouganda. Des chimpanzés se saisissent d’insectes volants et les déposent, du bout des doigts, sur leurs plaies ouvertes. Cette méthode inédite renseigne les chercheurs sur la faculté des grands singes à utiliser leur propre médecine et à explorer leur environnement pour trouver des remèdes.
S’il n’est pas possible, à l’heure actuelle, de déterminer avec précision la raison pour laquelle les chimpanzés choisissent ces insectes en particulier, les scientifiques suggèrent que certains d’entre eux possèderaient des propriétés antimicrobiennes ou anti-inflammatoires. Les chimpanzés s’en serviraient donc au même titre que les plantes pour guérir leurs blessures, tout comme les humains emploient les abeilles et leur venin pour se soigner.
Un comportement prosocial inédit observé chez des chimpanzés en Ouganda
Sur les différentes observations réalisées en Ouganda par le groupe de recherche, une a particulièrement intrigué les scientifiques et retenu leur attention. Un chimpanzé a volontairement appliqué un insecte sur la plaie d’un autre singe. Bien que sociaux et adeptes du toilettage mutuel et du partage de nourriture, les chimpanzés ne pratiquent guère l’entraide en général.
Cette action, documentée pour la première fois, suggère une volonté délibérée, chez ce primate, de prendre soin d’un autre membre de son groupe, au-delà des schémas sociaux habituels. Elle marquerait un comportement prosocial inédit chez ces grands singes, à savoir pratiquer un geste qui bénéficie plus au bien-être d’autrui qu’à soi-même.
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