Derrière ses platines, le DJ haïtien Francis Mercier fait bouger les foules aux quatre coins de la planète. D’Ibiza à Bali, en passant par New York et Marrakech, l’artiste caribéen met en valeur les sons des Antilles, mais aussi de l’Afrique, comme un hommage permanent à ses racines et aux beats de ces parties du monde. De Magic System, en passant par Salif Keita ou Rachid Taha, Mercier puise ses inspirations dans l’œuvre des artistes de toutes générations, pour le plus grand plaisir des clubbers du monde entier.
Malgré les voyages à travers le monde, un emploi du temps hyper chargé et plus de 20 personnes qui travaillent à ses côtés sur ses projets, Francis Mercier garde toujours le sourire et une énergie débordante. Crâne rasé, lunettes de soleil et pendentifs mystiques autour du cou, le DJ haïtien s’est construit un univers artistique solaire, marqué par les influences caribéennes et africaines, dont il se veut l’ambassadeur et l’un des promoteurs culturels à travers le monde.
Francis Mercier est né en Haïti, où il a une enfance tranquille, et a grandi en écoutant les sons de l’île, sans trop se préoccuper de son avenir, sans penser que ces graines musicales plantées dans son esprit seront les bases de sa carrière musicale future. « J’ai grandi avec des gens qui venaient d’un peu partout, des États-Unis, de France, du Maroc, car je fréquentais une école française. Donc ça m’a permis aussi d’écouter d’autres genres musicaux, d’échanger avec mes amis sur les musiques de leur vie, et sans le savoir, je me construisais déjà comme artiste », explique l’artiste.
À l’adolescence, il vit ses premières émotions avec la musique électronique en écoutant des artistes comme Armin Van Buuren et Tiësto. C’est le coup de foudre. « J’ai pris une grosse claque en les écoutant, et je me suis vraiment mis à fond dans l’écoute d’artistes de ce genre, à essayer d’analyser les sons, les beats, les vibes, et ça a été un peu le début d’un tournant pour moi, qui ne pensait pas vraiment avant cela me lancer dans le monde de la musique », sourit-il.
À sa majorité, il quitte son île natale pour aller étudier aux États-Unis, à la fameuse Brown University, dans le Rhode Island. Mercier s’ouvre de nouvelles portes, achète du matériel pour commencer à mixer dans sa chambre d’étudiant. Entre les concerts de ses DJs préférés à New York, Washington et Philadelphie, il s’investit à fond dans la musique.
« J’ai commencé à faire quelques soirées sur le campus, puis dans la ville et j’ai été rapidement invité dans les grosses villes de la côte Est, dans des clubs de New York et mon nom a commencé à circuler dans le milieu, et j’ai pu prendre conscience que je pouvais vivre de ma musique », sourit-il. Les sons afro-caribéens de ses mixes font bouger les foules, de plus en plus nombreuses, et l’artiste haïtien comprend rapidement qu’il ne faut pas seulement être DJ, mais aussi produire et maitriser tous les aspects de sa carrière pour être dans le business sur le long terme, et continuer de grandir. Francis Mercier est bien plus qu’un DJ : c’est un artiste complet, un entrepreneur de la musique.
Star mondiale, tout en portant Haïti et l’Afrique avec lui en permanence
Début 2010, Mercier commence à se faire un nom dans le monde de la musique électronique, et part s’installer à New York peu de temps après, pour être au cœur de l’un des centres névralgiques mondiaux de l’industrie. « Le choix de venir à New York était évident, c’est « the place to be » pour les gens qui veulent percer dans le milieu, avec tous ses clubs, lieux de spectacles, mais aussi le monde qui se réunit dans cette métropole multiculturelle », explique-t-il.
Il monte son label Deep Roots Record, et ses premiers singles lui donnent encore plus de visibilité. « Can you Love me », « Running » et « Skyline », sont des sons qui tournent dans tous les clubs, puis il remixe « Premier Gaou » de Magic System, qui le propulse aux sommets, en 2020.
Il enchaîne en mettant encore plus l’Afrique au cœur de sa musique, avec « Bolingo Nanga » l’année suivante, avec l’artiste zimbabwéen Nitefreak et en 2022, avec Amadou et Mariam. « J’ai mis des sons caribéens et africains, car je voulais montrer que ces parties du monde comptent aussi dans la musique, que ces endroits sont aussi des réservoirs énormes de beats, de paroles, de sons. C’est aussi quelque chose qui fait danser les gens, et ça parle de mes origines, donc ça me donne encore plus de joie de voir des gens s’amuser sur mes musiques ! », sourit-il.
Il s’attaque aussi à des classiques comme « Voyage, Voyage » de Desireless, mais aussi « Je ne t’aime plus » de Manu Chao, qui sont des cartons, et sont écoutés des millions de fois à travers le monde. Mercier ne se limite pas et tente de créer, durant ses concerts et shows, une ambiance afro-caribéenne, avec des danseuses, des décors de ces deux zones du monde, comme une fusion du meilleur des deux continents.
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Avec son label, Deep Roots Record, il favorise la promotion d’artistes caribéens et africains du monde de la musique électronique, mais sa mission ne s’arrête jamais. Avec une résidence à Ibiza à venir, et un concert au Zénith de Paris le 25 avril prochain, Francis Mercier a toujours le bleu de chauffe sur les épaules.
« Paris et la France, c’est très spécial pour moi, car je suis francophone et j’ai toujours aimé jouer pour mon public français. Ça va être le feu dans un lieu mythique, on prépare un spectacle très spécial, avec des invités, mais aussi une soirée folle pour que mes fans, et ceux qui viendront me découvrir, puissent vibrer et juste profiter de bons sons », poursuit-il.
Avec ses quelque 4,1 millions d’écoutes mensuelles sur Spotify, les sons de Francis Mercier ont une cote énorme, mais cela ne lui suffit pas. « Je suis quelqu’un qui veut toujours repousser les limites, qui veut explorer encore et toujours. Je me dois d’être un ambassadeur d’Haïti dans la musique, et je veux continuer à rendre hommage à mes racines », conclut-il.
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