Les autorités angolaises veulent simplifier les démarches administratives et réduire les délais d’attribution des permis miniers. L’objectif affiché est d’attirer davantage de capitaux dans le cuivre et les terres rares, afin de stimuler la diversification économique et d’augmenter la part du secteur dans le PIB. L’annonce a été faite en fin de semaine dernière par le ministre des Ressources minérales, Diamantino Azevedo, en marge de la prise de fonctions du nouveau Conseil d’administration de l’Agence nationale des ressources minérales (ANRM). Cette structure créée par le décret présidentiel n° 161/20 du 5 juin 2020, est chargée de réguler, promouvoir et superviser l’exploitation des ressources minières du pays.
Ses missions incluent l’examen et l’attribution des droits miniers dans le cadre d’un dispositif législatif dédié, ainsi que la fiscalisation des activités de prospection et de production. L’agence a aussi pour mandat d’encourager l’investissement national et étranger. Selon le ministre, l’expérience acquise au cours des cinq premières années d’activité de l’ANRM doit permettre d’accélérer les processus administratifs. Il a également mis en avant la nécessité de renforcer l’inspection des activités sur l’ensemble de la chaîne (de la prospection à la production), en insistant sur une coordination plus étroite entre l’agence et les autres organes publics concernés.
« Il est important d’attirer davantage d’investissements, de soutenir les petites et moyennes entreprises, et de suivre de près les projets qui ne sont pas encore en phase de production », a-t-il indiqué. Selon les autorités, une étude sera menée pour évaluer les travaux effectués par l’ANRM lors de son premier mandat, et les conclusions et recommandations serviront de cadre pour appliquer les orientations proposées.
Digitaliser le cadastre minier
Parmi les principaux défis à relever pour rendre l’Angola plus attractive aux yeux des investisseurs miniers, Diamantino Azevedo a identifié l’institutionnalisation du cadastre minier numérique. La nouvelle plateforme centralise toutes les données géologiques et informations relatives aux demandes de permis, avec pour ambition de transformer l’industrie en digitalisant et en automatisant les procédures, tout en renforçant la transparence, l’efficacité et la sécurité. Elle a été conçue, apprend-on, pour simplifier l’ensemble du processus minier, de la délivrance des licences à la délimitation et à l’inspection.
« Le Cadastre minier numérique constitue une avancée décisive dans la modernisation de notre secteur minier, et garantit que l’Angola reste un acteur compétitif sur la scène internationale. Cette initiative est essentielle pour créer un environnement propice à l’investissement et au développement durable », a déclaré le ministre, lors du lancement de la plateforme en octobre dernier.
Objectif diversification
Ces ajustements réglementaires surviennent alors que Luanda souhaite attirer 2 milliards USD (environ 1,73 milliard €) d’investissements cumulés dans le secteur minier hors diamants d’ici 2027, comme spécifié dans son plan national de développement 2023-2027. Selon les données relayées par l’Agence Ecofin, en 2022, le secteur minier représentait 1,3 % du PIB angolais, une part que les autorités veulent porter à 1,6 % d’ici 2027. Elles souhaitent notamment faire émerger une nouvelle génération de projets autour du cuivre et des terres rares, deux segments qui intéressent déjà des groupes étrangers.
Le canadien Ivanhoe Mines, copropriétaire de la plus grande mine de cuivre en République démocratique du Congo, détient par exemple depuis 2023 un permis d’exploration de 22 000 km² dans les provinces de Moxico et de Cuando Cubango. Il prévoit d’y démarrer un programme de forage avant la fin de l’année 2025. Toujours à Moxico, l’anglo-australien Rio Tinto a acquis début 2024 une licence d’exploration de 35 ans. Selon la société, les travaux cibleront principalement les métaux de base comme le cuivre, le zinc, le cobalt et le titane.
Quant au britannique Pensana, il est présent sur un projet beaucoup plus avancé. Il prévoit d’ouvrir d’ici 2027 la première mine de terres rares d’Angola avec le projet Longonjo, dont les coûts de construction sont estimés à 217 millions USD (environ 187,6 millions €). Plus tôt ce mois, l’Angola a également inauguré sa première mine industrielle de cuivre à Tetelo. Le projet est piloté par un partenariat entre l’État et la société chinoise Shining Star Icarus. D’une durée de vie de 14 ans, cette mine peut produire selon les prévisions jusqu’à 300 tonnes de concentré de cuivre par jour.
En attendant de pouvoir mesurer l’impact réel de ces efforts de diversification sur son économie, le pays peut compter à court terme sur ses diamants, malgré la crise sur le marché mondial. Entre janvier et septembre 2025, l’Angola a produit 10,7 millions de carats, alors que l’objectif annuel est fixé à 14,8 millions de carats. La société nationale des diamants vise plus de 2 milliards USD de revenus pour cette année.