Le camouflet infligé vendredi sur les droits de douane du président américain par la Cour suprême américaine et les nouvelles taxes annoncées depuis cette décision ne représentent qu’un « changement très limité », affirme auprès de l’AFP Beata Javorcik, cheffe économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

La Cour suprême a jugé la semaine dernière que Donald Trump n’avait pas l’autorité pour imposer la plupart des taxes douanières instaurées. Le président américain a répliqué par de nouveaux droits de douane de 10% entrés en vigueur mardi.

Fondée en 1991 pour aider les pays de l’ex-bloc soviétique à passer à une économie de marché, la BERD a depuis étendu son périmètre pour inclure des pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale, d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne.

Pour l’ensemble de ses régions, la BERD prévoit une accélération de la croissance cette année, à 3,6%, soit 0,2 point de plus que l’an dernier et que ses dernières estimations, publiées en septembre.

Dans ses dernières prévisions rendues publiques jeudi, l’institution prévoit aussi une nouvelle accélération de la croissance en 2027, à 3,7%.

« Impact bien inférieur »

Parmi les pays soutenus par la BERD, certains « pourraient potentiellement bénéficier de droits de douane plus bas » après la décision de la Cour suprême, « comme la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Moldavie ou la Tunisie, mais dans l’ensemble, la situation reste inchangée », selon M. Javorcik.

De manière générale, « l’impact des droits de douane américains sur nos pays d’implantation est resté limité, bien inférieur à ce que nous avions anticipé », explique l’économiste.

Mais elle prévient que tous les effets ne se sont pas encore fait sentir, notamment parce qu’une grande partie des exportations de 2025 « a atteint le marché américain au premier trimestre, avant l’entrée en vigueur des droits de douane ».

Parallèlement, la BERD note que l’essor de l’intelligence artificielle aux États-Unis a entraîné une hausse des importations américaines de certains biens liés notamment aux semi-conducteurs, à l’informatique ou aux instruments optiques de précision.

Cela pourrait bénéficier « aux pays d’Europe centrale, aux pays baltes, à la Bulgarie et à la Roumanie, qui exportent ce type de produits », indique Mme Javorcik.