Relier Nairobi à Stellenbosch représente déjà un périple de plus de 6 000 kilomètres. Le faire en moto électrique relève de l’audace. Mais le réaliser sans jamais se brancher une seule fois au réseau électrique, c’est une véritable démonstration de force.

C’est le défi qu’a relevé l’équipe du projet Recharging Hope, menée par des ingénieurs de l’Université de Stellenbosch, en prouvant que la mobilité zéro émission peut s’affranchir des contraintes d’infrastructure, même dans les conditions les plus exigeantes.

Comment ce road-trip hors-norme s’est-il déroulé ?

Le voyage a débuté à Nairobi, au Kenya, pour s’achever 17 jours plus tard à Stellenbosch, en Afrique du Sud. L’équipe a traversé six pays : le Kenya, la Tanzanie, le Malawi, la Zambie, le Botswana et l’Afrique du Sud. Le parcours n’a pas été une simple balade. L’équipage a dû affronter des orages, de la grêle et des dénivelés extrêmes, passant de hauts plateaux à 2 200 mètres d’altitude aux vastes plaines du Serengeti.

Malgré ces conditions difficiles, l’équipe a pulvérisé les attentes, signant même un record du monde officieux en parcourant 1 009 km en une seule journée de moins de 18 heures. Une performance qui force le respect de n’importe quel motard, et qui devient tout simplement sidérante quand on sait qu’elle a été réalisée avec une moto électrique alimentée uniquement par le soleil.

Quelle est la technologie derrière cet exploit ?

La clé de cette réussite repose sur une combinaison ingénieuse. D’un côté, la Roam Air, une moto robuste conçue au Kenya pour les conditions locales. Pensée pour les taxis-motos, elle embarque des batteries amovibles, supporte une charge de 220 kg et atteint 90 km/h. Son autonomie, homologuée à 75 km, a souvent dépassé les 100 km durant le raid, avec une pointe à 113 km sur un seul pack.

Moto électrique Recharging Hope_02

De l’autre, la véritable astuce du projet : une station solaire mobile. Installée dans un véhicule d’assistance, elle se compose d’une dizaine de panneaux photovoltaïques et d’un large pack de batteries. Le principe est d’une simplicité redoutable : pendant que la moto roule avec un jeu de batteries, un autre jeu se recharge grâce au soleil. Une fois le premier pack épuisé, il suffit de procéder à un échange de batteries pour repartir quasi instantanément, contournant ainsi l’absence totale de bornes en Afrique.

Au-delà du record, quel est le véritable enjeu ?

Ce périple est bien plus qu’une aventure ; c’est une preuve de concept à grande échelle. Sur un continent où seulement 11 000 voitures électriques neuves ont été vendues en 2024 (moins de 1 % du marché), le projet Recharging Hope démontre une voie alternative pour la mobilité durable. L’idée n’est pas de promouvoir les longs road-trips, mais de proposer un modèle économique et technique pour les transports du quotidien.

Moto électrique Recharging Hope_01

L’objectif final est de déployer de petites stations solaires fixes capables d’alimenter les flottes de motos-taxis et minibus, qui constituent l’épine dorsale des transports locaux. En s’appuyant sur l’énergie solaire et un système de batteries échangeables, cette solution permettrait d’électrifier les transports sans dépendre d’un réseau national souvent faible ou inexistant. Une vision pragmatique qui pourrait bien changer la donne pour la mobilité sur le continent.

Foire Aux Questions (FAQ)

Quelle moto a été utilisée pour ce périple de 6 000 km ?

L’équipe a utilisé une Roam Air, une moto électrique conçue et fabriquée au Kenya, spécialement adaptée aux conditions routières et aux usages locaux comme les taxis-motos. Elle est dotée de batteries amovibles pour faciliter un échange rapide.

Comment la moto était-elle rechargée sans bornes ?

La recharge était assurée à 100 % par une station solaire mobile qui suivait l’expédition. Composée de dix panneaux solaires et d’un pack de batteries, elle permettait de recharger un jeu de batteries pendant que l’autre était utilisé sur la moto, rendant le voyage totalement indépendant du réseau électrique.

Quel est le but principal du projet Recharging Hope ?

L’objectif est de démontrer qu’un modèle de mobilité électrique basé sur l’énergie solaire et l’échange de batteries est une solution viable et pertinente pour l’Afrique, où les infrastructures de recharge sont quasi inexistantes. Le projet vise à inspirer le déploiement de stations solaires locales pour les transports du quotidien.