Le Fonds monétaire international (FMI) a autorisé le versement d’environ 2,3 milliards de dollars à l’Égypte, soit près de 2 milliards d’euros. L’annonce a été faite le mercredi 25 février, à l’issue des cinquième et sixième revues du programme d’assistance économique conclu fin 2022, en pleine crise de change.
Cette enveloppe porte à plus de 5,2 milliards de dollars le total déjà décaissé dans le cadre du dispositif en cours. Initialement fixé à 3 milliards de dollars, il avait été élargi à 8 milliards en 2024 face à l’ampleur des déséquilibres macroéconomiques et à la montée des besoins de financement extérieur.
Financement progressif et encadré
Le soutien du FMI s’inscrit dans un mécanisme de versements successifs, chacun conditionné à l’avancement des réformes et à l’évolution des indicateurs économiques. À intervalles réguliers, l’institution examine la trajectoire budgétaire, la dynamique de l’inflation, le niveau des réserves de change et la mise en œuvre des engagements convenus. Lorsque les critères sont jugés satisfaisants, une nouvelle tranche est débloquée.
Dans le cas présent, le FMI estime que la stabilisation engagée depuis deux ans commence à produire des effets mesurables. La croissance a atteint 4,4% sur l’exercice 2024-2025. L’inflation, qui avait dépassé 30% au plus fort de la crise, est retombée à 11,9% en janvier 2026. Les réserves en devises ont progressé pour atteindre 59,2 milliards de dollars fin 2025, contre moins de 55 milliards un an plus tôt. Le déficit extérieur s’est réduit à 4,2% du produit intérieur brut, soutenu par les recettes touristiques et les transferts des Égyptiens vivant à l’étranger.
Selon le Fonds, cette amélioration reflète l’effet combiné d’une politique monétaire restrictive, d’un resserrement budgétaire et d’une plus grande flexibilité du taux de change, destinée à éviter le retour des pénuries de devises qui avaient paralysé l’économie et alimenté un marché parallèle.
Une ambition de transformation à l’horizon 2030
Le nouveau décaissement viendra renforcer les réserves de la Banque centrale et contribuer à couvrir les besoins de financement extérieur de l’État. Il revêt également une dimension stratégique, en envoyant aux investisseurs un signal de continuité et de discipline macroéconomique, susceptible de faciliter l’accès du pays aux marchés internationaux de capitaux.
Pour autant, le FMI souligne que le chantier reste inachevé. L’un des engagements centraux du programme concerne la réduction du rôle économique de l’État et l’élargissement de la place du secteur privé. Sur ce terrain, les avancées sont plus lentes que prévu. L’institution appelle à renforcer la mobilisation des recettes fiscales, améliorer la gestion de la dette et poursuivre les réformes de gouvernance dans les entreprises publiques et les banques détenues par l’État afin de consolider durablement la reprise.
Ces recommandations font écho au plan national de développement présenté en septembre 2025. Le gouvernement y fixe un objectif de croissance de 7% d’ici 2030 ainsi qu’une hausse globale des investissements qui devraient atteindre 18% du produit intérieur brut (PIB). Le plan prévoit de porter la part des investissements privés dans les investissements totaux à 66%. Il s’agit de faire évoluer un modèle longtemps soutenu par l’investissement public massif vers une économie davantage tirée par l’initiative privée, la compétitivité industrielle et la transition écologique.
Le plan s’articule autour de trois axes, en l’occurrence le maintien de la stabilité macroéconomique, l’amélioration du climat des affaires et de la compétitivité, et l’accélération de la transition énergétique. Il vise en outre la création de 1,5 million d’emplois à l’horizon 2030.