Face à l’effondrement de sa production de noix de cajou, le Kenya mise sur l’introduction de nouvelles variétés agricoles pour relancer une filière en difficulté. La semaine dernière, les autorités ont dévoilé un plan de redressement qui comprend également le renforcement de l’encadrement technique des producteurs.
Selon le ministre de l’Agriculture et du développement de l’Élevage, Mutahi Kagwe, une nouvelle variété de noix de cajou à haut rendement et plus résistante aux maladies a déjà été développée par les chercheurs kényans. Environ 20 000 plants sont prêts à être distribués aux producteurs à l’occasion de la prochaine saison des longues pluies. Quatre autres variétés améliorées devraient être mises à disposition d’ici six mois.
La multiplication et la distribution des plants seront coordonnées par l’Autorité de l’Agriculture et de l’Alimentation (AFA), en collaboration avec les gouvernements de comté. Le dispositif prévoit également l’intervention du Service d’inspection phytosanitaire (KEPHIS), chargé de la certification, ainsi que des services de vulgarisation agricole pour accompagner les exploitants sur le terrain.
Recul de la production
L’appui prévu aux producteurs porte notamment sur les bonnes pratiques agricoles, comme l’espacement optimal des arbres, l’association culturale avec des espèces telles que le cocotier ou le manguier, ainsi que le greffage de rajeunissement, une technique destinée à redonner de la vigueur à des vergers vieillissants. Ces mesures visent à améliorer durablement les rendements et la productivité des exploitations.
Cette initiative intervient alors que les statistiques disponibles montrent que les volumes récoltés ont fortement diminué depuis le milieu des années 2010, pour tomber à un niveau inférieur à 8 000 tonnes en 2024. Dix ans plus tôt, en 2014, les volumes étaient de plus de 22 000 tonnes.
Professionnels et institutions pointent une combinaison de facteurs. La pression accrue des parasites et des maladies a pesé sur les rendements, tandis que la coupe d’arbres pour répondre aux besoins en bois-énergie a réduit la superficie des vergers. À cela s’ajoute le manque d’attractivité économique de la culture, qui a conduit de nombreux agriculteurs à s’en détourner au profit d’autres productions.
Encore un petit poucet sur le marché
À travers ces plans, les autorités espèrent relancer une activité susceptible de générer davantage de revenus à l’export et de soutenir la transformation locale. Le pays dispose en effet d’unités capables de traiter des volumes bien supérieurs à ceux actuellement produits, mais l’insuffisance de matière première empêche ces capacités d’être pleinement utilisées.
Le Kenya reste toutefois un acteur secondaire sur la scène régionale. En Afrique de l’Est, la Tanzanie s’impose largement comme le principal fournisseur, avec une production qui a plus que doublé sur la dernière décennie. Selon un rapport de l’Alliance africaine du cajou, publié en septembre 2025, la production tanzanienne pour la campagne 2025/2026 pourrait atteindre 700 000 tonnes, en hausse de 33% par rapport au record de 528 000 tonnes enregistré en 2024 (contre 155 244 tonnes en 2015). Une telle performance renforcerait la contribution de la Tanzanie à l’approvisionnement du marché mondial.
Leader mondial de la production de noix de cajou brute, la Côte d’Ivoire affiche également une dynamique soutenue. Le pays ouest-africain a produit environ 1,5 million de tonnes de noix de cajou brutes en 2025, contre 944 673 tonnes en 2024 et 1,2 million de tonnes en 2023, selon les données du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA).