Ce devait être l’un des moments forts de la fin de mandat d’Emmanuel Macron, qui n’en comptera plus beaucoup. Toute la semaine, son entourage a souligné à gros traits l’importance du discours sur la dissuasion nucléaire que doit prononcer le chef de l’État dimanche 1er mars sur le site de l’île Longue, face à Brest, où sont stationnés les quatre sous-marins lanceurs d’engins (SNLE). Las. Les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran pourraient éclipser l’événement tant attendu.
L’intervention n’en sera pas moins scrutée. D’abord parce que la « tradition » française veut qu’il n’y ait qu’un discours sur le sujet par mandat présidentiel. Le dernier d’Emmanuel Macron remonte à février 2020. À l’époque, le président avait évoqué le « dialogue stratégique » sur le « rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité collective de l’Europe.
Ce sujet européen avait alors soulevé peu d’intérêt chez nos partenaires, qui préféraient se placer sous le parapluie américain. Les choses ont désormais changé : avec le conflit en Ukraine, les menaces nucléaires formulées par Moscou et les doutes croissants sur la volonté américaine de protéger les alliés européens, la question se pose avec une acuité particulière. L’idée que la France et le Royaume-Uni – l’autre puissance nucléaire en Europe – puissent devenir les nouveaux parrains nucléaires du Vieux Continent a pu être évoquée. Plusieurs partenaires, l’Allemagne, la Suède ou la Pologne, se sont dit intéressés.