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Dans un monde marqué par l’émergence d’une instabilité géopolitique globale, par la non-linéarité et l’imprévisibilité croissante des rapports de force, la Tunisie s’impose comme un pivot du Sud global. Un acteur capable de relier continents, blocs et cultures dans un moment de recomposition internationale.
Cette position repose sur une vision au long cours portée par une agilité diplomatique, le multi-ancrage et sur un rayonnement régional et international qui conjugue économie, patrimoine, culture, diaspora et innovation. Elle s’appuie également sur une capacité de networking dans un environnement instable, ainsi que sur des réformes internes destinées à renforcer la cohésion et l’attractivité du pays.
Selon une analyse récente du Stimson Center, un think tank basé à Washington, de catalyseur à nœud de connectivité stratégique, la Tunisie occupe une place singulière dans la recomposition de l’espace Méditerranée – Afrique du Nord – Sahel, désormais considéré comme un continuum géopolitique intégré.
Un pays pivot entre Méditerranée et Sahara
A cet effet, on révèle que géographiquement située à l’interface entre l’Europe, le Maghreb et le Sahel, la Tunisie n’est plus une périphérie mais un espace de transit stratégique. Elle est directement affectée par les dynamiques sahéliennes. Le Sahara, loin d’être une barrière, agit comme un corridor reliant la Tunisie aux défis sahéliens et à différents enjeux européens.
Ainsi, la Tunisie demeure un acteur central de la connectivité énergétique euro-méditerranéenne. Le gazoduc Transmed / Enrico Mattei, qui relie l’Algérie à l’Italie via le territoire tunisien, reste l’un des axes gaziers les plus importants de la Méditerranée, démontrant une résilience notable malgré les turbulences régionales.
En 2025, Tunis a renforcé ce rôle en rejoignant officiellement le projet SoutH2, corridor stratégique destiné à acheminer de l’hydrogène bas carbone de l’Afrique du Nord vers l’Europe, inscrivant le pays dans les nouvelles chaînes de valeur de la transition énergétique.
Une nouvelle centralité numérique
La Tunisie s’impose également, d’après l’analyse du think tank, comme nœud numérique émergent. Le câble sous-marin Medusa, entré en service fin 2025, relie directement Bizerte à Marseille, réduisant la latence numérique entre les deux rives et intégrant la Tunisie dans un écosystème numérique méditerranéen partagé. Cette infrastructure stratégique renforce à la fois les opportunités économiques et les enjeux de cybersécurité.
ELMED : un pont électrique entre deux continents
Sous ce même angle, on indique qu’avec le projet ELMED, la Tunisie devient le point d’ancrage de la première interconnexion électrique en courant continu entre l’Afrique et l’Europe.
Cette liaison de 600 MW avec l’Italie, prévue pour 2028, vise à sécuriser les approvisionnements, faciliter les échanges d’électricité renouvelable et attirer des investissements dans les énergies propres, positionnant la Tunisie comme un hub énergétique euro-africain.
Un rôle stratégique accru
De plus, aujourd’hui, la Tunisie n’est plus seulement un voisin méditerranéen de l’Europe. Elle est devenue un acteur structurant du continuum Maghreb -Sahel, à la croisée des routes énergétiques et numériques.
Cette position offre des opportunités de coopération et de développement, mais place aussi le pays au cœur des défis d’un espace afro-méditerranéen de plus en plus intégré… et instable.
Cependant, il est important de noter que depuis son indépendance, la Tunisie a vécu à l’abri des grands bouleversements géopolitiques qui ont embrasé son voisinage et est parvenue, dans une certaine mesure, à se prémunir des tensions générées par les fractures dans les relations internationales, grâce à une attitude de neutralité observée par le pouvoir durant plusieurs décennies.
Le séisme révolutionnaire et les effets déstructurants de la globalisation vont faire basculer le pays, à partir de l’année 2011 dans une situation de vassalité.
Le retournement des rapports de forces durant ces dernières années, a remis le pays sur la voie de la restauration de sa souveraineté, marquant ainsi une rupture avec les tendances d’assujettissement aux stratégies hégémoniques de certaines puissances internationales.
Cependant, cette entreprise n’a été envisageable que grâce à l’adoption d’une doctrine géopolitique inhérente au pays, à ses intérêts, à son héritage conceptuel et qui était conforme aux valeurs sur lesquelles est édifiée la république.
Le savoir géopolitique constitue, à ce titre, un instrument inestimable pour décrypter le monde, identifier les acteurs, analyser leurs motivations, décrire leurs intentions et repérer les alliances en gestation ou, au contraire, celles en voie de déconstruction, dans une perspective de positionnement et d’action sur et au sein des dynamiques en cours.
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