L’agence météorologique espagnole a levé, ce jeudi, l’alerte rouge aux pluies exceptionnelles dues au passage de la dépression Leonardo. « Il va continuer de pleuvoir en Andalousie. Les précipitations seront moins intenses, même si des litres d’eau continueront de s’accumuler dans des zones déjà très saturées », a indiqué dans un communiqué l’Aemet, l’agence météorologique nationale. Des zones du nord-ouest de l’Espagne se trouvent également en alerte orange jeudi, selon l’Aemet.
En Andalousie, où localement plus de 40 cm de pluie sont tombés, soit jusqu’à plusieurs mois de précipitations par endroits, la Garde civile a indiqué « continuer de chercher une femme tombée dans la rivière Turville, sur la commune de Sayalonga ». « Elle était avec une autre femme, c’est elle qui nous a alertés », a précisé cette source.
Écoles fermées
Face aux précipitations qualifiées d’« extraordinaires » par l’Aemet, les autorités régionales (compétentes en matière de gestion des situations d’urgence) avaient pris la décision, par précaution, de fermer mercredi la plupart des écoles de la région et d’évacuer au moins 3 500 personnes. Ce jeudi, les cours ont repris dans certains établissements scolaires, mais le trafic ferroviaire et routier est, lui, toujours largement à l’arrêt.
Au Portugal voisin, qui se remettait à peine du passage dévastateur de la tempête Kristin la semaine passée (cinq morts, environ 400 blessés et des dégâts matériels colossaux), un sexagénaire est décédé mercredi, emporté par le courant d’une rivière, dans le sud-est du pays, selon la protection civile. La péninsule ibérique est en première ligne du dérèglement climatique et subit, depuis plusieurs années, des vagues de chaleur de plus en plus longues et des épisodes de fortes pluies de plus en plus fréquents, souvent dévastateurs.
Une partie du Maroc sous l’eau
Plus de 100 000 personnes ont été évacuées depuis vendredi dans le nord-ouest du Maroc, surtout par précaution, en raison de précipitations exceptionnelles ayant conduit les autorités à placer plusieurs provinces en alerte météorologique, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Selon le ministère, compte tenu du « danger et (de) l’ampleur des dégâts attendus », un total de 108 423 personnes ont été évacuées entre vendredi et mercredi matin dans la province de Larache, située à moins de 100 kilomètres au sud de Tanger, et dans les zones avoisinantes.
La majorité des personnes concernées provient de la localité agricole de Ksar El Kébir (120 000 habitants), où « 85% » de la population a quitté les lieux, soit dans le cadre des évacuations décidées par les autorités, soit de sa propre initiative. D’autres évacuations ont eu lieu dans des provinces voisines situées dans les plaines du Loukkos et du Gharb, à l’embouchure des fleuves Loukkos et Sebou sur l’océan Atlantique, parmi les plus importants du pays.
Le barrage Oued El Makhazine, à une dizaine de kilomètres de Ksar El Kébir, a atteint un taux de remplissage historique de 146,85%, a déclaré mercredi le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Compte tenu de la situation, « des opérations de lâchers préventifs d’eau et progressifs ont été engagées », a-t-il affirmé.
Face aux risques météorologiques, les autorités ont suspendu les cours dans plusieurs villes et appelé la population à respecter « strictement » les consignes d’évacuation « afin de préserver les vies humaines ». Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l’Eau, alors que le Maroc subit une grave sécheresse depuis sept ans.