Le groupe aéronaval français, dont l’envoi en Méditerranée orientale a été démenti par l’état-major des Armées, poursuit la mission La Fayette 26 en Europe du Nord. Après son escale en Suède, le porte-avions Charles de Gaulle a repris la mer pour participer à l’exercice Cold Response organisé par la Norvège.
Après cinq jours d’escale dans le port suédois de Malmö, à l’ouvert de la mer Baltique, le Charles de Gaulle a repris la mer le lundi 2 mars. Le porte-avions français et son escorte poursuivent leur déploiement programmé en Europe du Nord avec une nouvelle séquence : Cold Response, exercice interarmées et interalliés majeur organisé par la Norvège. Jusqu’au 23 mars, il va rassembler pas moins de 14 nations et 25.000 soldats, marins et aviateurs alliés, du Grand Nord à la Baltique. La France y participe avec son groupe aéronaval mais aussi des forces terrestres et aériennes, ainsi qu’une autre composante navale puisque le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral sera engagé dans les manœuvres amphibies en Norvège. Le bâtiment français était en escale à Trondheim la semaine dernière.
Parti le 27 janvier de sa base de Toulon, le groupe aéronaval (GAN) a franchi le 8 février le détroit de Gibraltar, marquant le début de sa participation à l’exercice ORION 26, pour lequel le Charles de Gaulle a évolué en Atlantique, puis en Manche. A l’issue, il a passé le détroit du Pas-de-Calais le 20 février pour s’engager en mer du Nord et commencer une nouvelle phase de son déploiement avec la mission La Fayette 26. Une première phase l’a donc vu remonter la mer du Nord et franchir les détroits danois pour rallier Malmö, tout en participant à l’exercice OTAN Steadfast Dart 26, organisé par l’Allemagne et visant à tester les capacités de l’Allied Reaction Force (ARF), dont c’est le premier déploiement à grande échelle dans la zone de responsabilité du Joint Force Command (JFC) de Brunssum (Pays-Bas), en charge de la planification des opérations en Europe centrale en cas d’activation des plans de défense de l’Alliance.
Le GAN est pour mémoire constitué du Charles de Gaulle et de son groupe aérien embarqué (GAé) fort d’une vingtaine d’avions de combat Rafale Marine, de deux avions de guet aérien E-2C Hawkeye et de trois hélicoptères (un Caïman, un Panther et un Dauphin Pedro). S’y ajoute l’escorte du porte-avions, constituée de plusieurs frégates françaises et alliées, d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) et d’un bâtiment ravitailleur de forces (BRF), l’ensemble étant soutenu par des avions de patrouille maritime Atlantique 2. Ces moyens sont actuellement répartis en la mer du Nord et la Baltique, où le groupe aéronaval participe notamment à l’opération Baltic Sentry, lancée en janvier 2025 par l’OTAN afin de surveiller et protéger les infrastructures sous-marines critiques dans cette zone. La Marine nationale y contribue régulièrement avec ses bâtiments et aéronefs, dont des Atlantique 2.
Des Rafale Marine ont évolué en Baltique, où ils ont notamment conduit des exercices au large des côtes danoises avec une frégate allemande et une frégate espagnole.
Rafale Marine survolant au large du Danemark une frégate espagnole, probablement l’Almirante Juan de Borbon. Image publiée le 1er mars par la marine française.
Rafale Marine survolant au large du Danemark la frégate allemande Sachsen. Image publiée le 1er mars par la marine française.
Pour la suite, le GAN va donc être engagé dans Cold Response, conformément au programme initialement prévu pour la mission La Fayette. Dimanche soir, au lendemain du début des opérations militaires américano-israéliennes contre le régime iranien, qui ont embrasé toute la région du golfe Arabo-persique et entrainé l’arrêt du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, certains médias avaient annoncé l’envoi en urgence du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale. Ce qui n’est donc pas le cas, même si le groupe aéronaval, c’est son intérêt majeur du fait de sa mobilité, peut au besoin être repositionné rapidement si la défense des intérêts français l’exige. « Il n’est, à l’heure actuelle, pas prévu de modifier à court terme la planification de son déploiement opérationnel La Fayette 26. Le GAN reste toutefois agile et son déploiement est réversible à tout moment en fonction de l’évolution de la situation. L’engagement du GAN en mers du Nord et Baltique juste après sa participation active dans l’exercice ORION 26 atteste d’ailleurs de sa flexibilité et de sa capacité à produire des effets militaires dans la profondeur et sous court préavis », indiquait lundi soir l’état-major des Armées.
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