Depuis plusieurs mois, il affiche clairement la couleur. L’équipementier automobile japonais aux 12 milliards de chiffre d’affaires veut retirer ses pions de l’Europe, un marché à propos duquel son président, Mitsuki Toyohara, écrivait en novembre dernier, dans un courrier adressé à ses salariés qu’il était confronté « à une crise majeure » avec une rentabilité difficile, voire impossible à retrouver à court terme.
Le deuxième pas pourrait aboutir prochainement. Jtekt annonce en effet avoir reçu une offre ferme d’achat sur ses activités « Steerings », dédiée aux colonnes de direction. Elle émane du modeste fonds de retournement allemand Dubag, créé en 2020 et encore relativement inconnu sur la place française. Celui-ci dispose d’un portefeuille industriel varié : santé, automotive, plastique, construction… Les montants ne sont pas communiqués mais il est probable que l’acquisition des actifs européens « Steerings » de Jtekt constituera sa plus importante opération à date.
L’offre porte sur sept filiales du groupe japonais, les plus importantes se trouvant en France : à Chevigny-Saint-Sauveur près de Dijon (400 salariés) et à Irigny, une commune de la Métropole lyonnaise, où sont implantées une usine ainsi que le siège social Europe de Jtekt, soit environ 950 salariés (1.100 avec les intérimaires et les prestataires). Au total, de source syndicale (non confirmée par la direction), près de 2.000 salariés français seront concernés par cette cession.
Si l’opération va bien à son terme, Jtekt Europe n’aura alors quasiment plus aucun actif en Europe : le groupe japonais ne conserverait que son usine tchèque, dédiée à l’approvisionnement de Toyota, et une partie du centre technique de Lyon spécialisé sur les logiciels et aides à la conduite. En 2024, Jtekt réalisait encore 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires en Europe avec 9 sites de production et 4.200 collaborateurs. Ces derniers ne sont déjà plus que 3.000 actuellement.