La multinationale anglo-australienne Rio Tinto a approuvé la reprise de Zulti South, un projet de sables minéraux évalué à 473 millions de dollars (environ 406 millions d’euros) et piloté par sa filiale sud-africaine Richards Bay Minerals (RBM).

Selon un communiqué relayé le lundi 2 mars par Reuters, les travaux doivent démarrer au premier trimestre 2026, pour une production commerciale attendue au quatrième trimestre 2028. Le contrat d’ingénierie et de construction a été attribué à China Harbour Engineering Company (CHEC). D’après les éléments communiqués par l’entreprise, Zulti South doit permettre de prolonger l’exploitation du complexe jusqu’en 2050.

« La décision d’aller de l’avant reflète l’amélioration des conditions de sécurité et le renforcement des partenariats communautaires », a déclaré Werner Duvenhage, directeur général de RBM.

Plusieurs années de tensions

Richards Bay Minerals constitue le principal actif de Rio Tinto en Afrique du Sud et l’un des producteurs majeurs mondiaux de sables riches en zircon, rutile et ilménite. Cette dernière est transformée en dioxyde de titane, un composé utilisé notamment dans les peintures, les plastiques, les écrans ou les crèmes solaires.

Le complexe comprend plusieurs mines dans la zone de Zulti North, une usine de séparation et une unité de fusion. Entre 2019 et 2021, le site a connu une période de forte instabilité sécuritaire liée à des tensions communautaires. Après une première suspension fin 2019, la situation s’est de nouveau dégradée en 2021. Rio Tinto avait alors déclaré un cas de force majeure sur le site. Des équipements avaient été endommagés et un employé avait été tué alors qu’il se rendait au travail, selon des informations publiées à l’époque par le média Mining Weekly.

La direction du groupe avait indiqué que la reprise complète des activités dépendrait d’un rétablissement durable des conditions de sécurité. Le projet Zulti South était resté suspendu depuis décembre 2019.

Un marché sous pression

La validation de Zulti South met fin à une phase d’attente prolongée autour de l’extension du site, régulièrement présentée par l’entreprise comme importante pour la continuité de l’exploitation. Elle intervient toutefois dans un environnement de marché contraint pour les sables minéraux.

En 2025, les marchés du zircon et de l’ilménite sont restés excédentaires, ce qui a pesé sur les prix, selon un rapport récent d’Eramet, qui exploite notamment une mine de sables minéraux au Sénégal. De son côté, Rio Tinto a indiqué que sa production de scories de dioxyde de titane avait reculé de 11 % en 2024, à 990 000 tonnes, sur fond de baisse de la demande. Le groupe n’exploitait alors qu’une partie de ses capacités au Québec et en Afrique du Sud.

En août dernier, Rio Tinto a annoncé une nouvelle organisation de ses activités et placé sa division fer et titane, incluant Richards Bay Minerals en Afrique du Sud ainsi que des actifs au Québec et à Madagascar, sous revue stratégique. Interrogé sur l’issue de cette revue, le groupe avait indiqué qu’une communication serait faite « en temps voulu ».

Dans ce contexte, la relance du projet sud-africain constitue un développement notable pour l’un des principaux actifs du groupe dans la filière. Elle ne permet toutefois pas de préjuger des décisions à venir concernant l’ensemble des activités liées au titane.

En décembre dernier, Rio Tinto a indiqué vouloir dégager entre 5 et 10 milliards de dollars en réévaluant son portefeuille d’actifs, avec l’objectif de céder les activités jugées non stratégiques ou insuffisamment rentables, tout en se recentrant sur le fer, l’aluminium, le lithium et le cuivre. Plusieurs activités, y compris celles liées au titane, « seront transférées au portefeuille du directeur commercial pour un examen stratégique », avait-elle déclaré.