L’Iran avait prévenu qu’en cas d’intervention militaire sur son sol, elle répondrait avec « férocité ». Après une campagne de frappes israélo-américaines ayant ciblé ses sites militaires et les hauts dignitaires de son régime, l’ayatollah Khamenei et le chef des Gardiens de la Révolution ont entre autres été éliminés, Téhéran promet d’ouvrir « les portes de l’enfer » pour ses ennemis, notamment en menant des « attaques punitives en continu » à leur encontre. Problème, le site Defense Express affirme, mardi 3 mars, que le pays dispose aujourd’hui de missiles balistiques pouvant frapper bien au-delà du Moyen-Orient.
Certaines armes iraniennes pourraient ainsi représenter « une menace potentielle pour diverses régions de l’Europe ».
Khorramshahr, Sejjil, Ghadr et Emad
Lors de ses ripostes en Irak, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Jordanie et en Israël, l’Iran aurait tiré plus de 771 missiles balistiques et plus de 906 drones. Un rythme élevé. Téhéran aurait également utilisé des drones pour frapper une base aérienne britannique à Chypre, élargissant encore le champ des inquiétudes.
Les missiles balistiques iraniens les plus puissants affichent, sur le papier, des portées allant jusqu’à 2 000 kilomètres, voire plus. Le Khorramshahr est par exemple présenté comme le plus inquiétant, avec son ogive de 1 800 kilos. Avec une charge réduite, sa portée serait étendue jusqu’à 3 000 kilomètres, un chiffre qui reste débattu, mais pris au sérieux par les analystes. Les missiles Emad, Ghadr et Sejjil, quant à eux, emporteraient des ogives entre 750 et 850 kilos, avec une portée opérationnelle d’environ 1 700 à 2 000 km.
Il est toutefois important de noter que ces informations sur leur portée et leur charge utile proviennent principalement de sources officielles iraniennes et pourraient donc être surestimées.
La Grèce, l’Italie, la Roumanie…
Depuis le nord-ouest de l’Iran, ces missiles pourraient théoriquement atteindre le sud-est de l’Europe. La Grèce, la Bulgarie et la Roumanie, où se trouvent des installations militaires américaines, ainsi que l’Ukraine et la Moldavie. Si la portée maximale avancée pour le Khorramshahr se confirmait, « une large partie de l’Europe pourrait être concernée », y compris l’Allemagne et l’Italie, avec des villes comme Berlin ou Rome citées comme références géographiques.
Leur interception sur le continent reposerait principalement sur le système de défense antimissile américain, notamment le site Aegis Ashore de Deveselu, en Roumanie, équipé d’intercepteurs SM-3. Une couverture supplémentaire pourrait être assurée par les destroyers de la classe Arleigh Burke déployés en Méditerranée. En cas de menace directe, l’Allemagne pourrait également compter sur son système Arrow 3, entré en service fin 2025. Defense Express rappelle néanmoins que « le nombre de missiles iraniens à très longue portée est probablement limité », ce qui réduit la probabilité d’une frappe massive vers l’Europe.
Shahed 136, Arash-2, Kian 2, Karrar… Les drones pourraient à terme représenter l’outil le plus souple pour l’Iran. Certains de leurs modèles affichent des portées allant jusqu’à 2 500 kilomètres. En théorie, ils pourraient ainsi atteindre l’Europe en passant par plusieurs pays intermédiaires, même si beaucoup seraient interceptés en cours de route.