En quoi la dissuasion nucléaire avancée modifie-t-elle la doctrine française ?
La France reste fidèle à la doctrine de dissuasion nucléaire depuis le général de Gaulle : elle relève de la seule autorité du Président. On matérialise en revanche que nos intérêts vitaux ne s’arrêtent pas à notre frontière, mais ont bien une dimension européenne. Pour concrétiser cette dimension, on invite désormais nos partenaires et voisins à s’associer à des exercices, participer aux signalements ou accueillir les forces stratégiques françaises sur leur territoire. La dissuasion nucléaire avancée est toujours parfaitement indépendante et française de bout en bout, mais on y associe nos partenaires. C’est l’affirmation de notre puissance dans un moment de bascule géopolitique.
L’Histoire s’accélère. Est-ce la raison de ce changement de doctrine ?
Il y a effectivement eu plusieurs bascules avec la première élection de Donald Trump, l’annexion de la Crimée en 2014 et la guerre d’agression russe contre l’Ukraine il y a quatre ans. Ce qu’on dit, c’est dans la continuité du discours de la Sorbonne de 2017 du Président : les Européens doivent affirmer leur puissance. Nous avons entamé un dialogue stratégi…