Abidjan, 4 mars 2026 – L’Afrique de la santé publique se construit aussi dans ses laboratoires. Dans le cadre de la cinquième édition du prestigieux programme Kofi Annan de leadership en santé mondiale, soutenu par l’Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), une délégation d’une vingtaine d’experts africains a effectué une visite de haut niveau à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), à Adiopodoumé, dans la commune de Abidjan.
Cette immersion scientifique s’inscrit dans le stage résidentiel organisé du 28 février au 7 mars 2026 en Côte d’Ivoire, avec pour ambition de former les futurs leaders sanitaires des États membres de l’Union africaine.
Une plongée dans l’excellence scientifique
Pour ces hauts cadres venus du Ghana, du Nigeria, de la Gambie, du Malawi, de la Tanzanie, de la Zambie, du Botswana, du Sénégal, du Burkina Faso, du Kenya, de l’Éthiopie, de Madagascar et du Tchad, la visite de l’IPCI a représenté bien plus qu’une simple étape protocolaire.
Encadrée par le département formation et renforcement des capacités de l’institut, la délégation a découvert des infrastructures de pointe, notamment la Plateforme de Génétique Moléculaire, où sont analysés les variants et séquencés les génomes des pathogènes. Les visiteurs ont également exploré le Département des Virus Épidémiques, en première ligne face à des menaces telles que la fièvre de Lassa ou la rougeole, ainsi que le Centre de Ressources Biologiques, maillon stratégique pour la conservation et le partage des échantillons.
Moment fort de la visite : la présentation du chantier du futur Centre d’Études des Pathogènes à Risques Infectieux Sévères (CEPRIS), laboratoire de niveau P4 destiné à l’étude des virus les plus dangereux. Un projet qui symbolise la volonté de renforcer la souveraineté sanitaire du continent.
« Un exemple à suivre pour le monde »
Le Dr Alex Coutinho, directeur du programme Kofi Annan et chef de délégation, n’a pas caché son admiration pour le modèle ivoirien. Pour lui, l’avenir de la santé africaine repose sur des institutions fortes et sur la mutualisation des ressources.
Il a insisté sur la nécessité de briser les silos entre pays africains afin de mieux répondre aux épidémies et de renforcer les mécanismes de coopération, notamment à travers le partage des ressources biologiques via les biobanques.
Un dialogue stratégique pour un nouvel ordre sanitaire
Le Professeur Meité Syndou, directeur de l’IPCI, a personnellement accueilli la délégation. Après une présentation des missions historiques de l’institut, les échanges ont porté sur la gestion des crises sanitaires, le financement de la recherche et la place des instituts nationaux dans l’architecture sanitaire mondiale.
Cette étape ivoirienne revêt un caractère particulier : c’est la première fois qu’un pays francophone accueille cet atelier de haut niveau. Une reconnaissance du rôle croissant de la Côte d’Ivoire dans la dynamique sanitaire continentale.
Ce rapprochement a notamment été facilité par l’implication du Professeur Koua Asseman Médard, boursier du programme Kofi Annan et actuel Directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale. Son engagement illustre l’émergence d’une nouvelle génération de leaders capables de créer des passerelles entre institutions nationales et réseaux panafricains.
Semer les graines de la collaboration future
Au-delà des laboratoires et des équipements, cette visite aura surtout permis de renforcer les liens, de stimuler l’innovation et de poser les bases de futures collaborations.
En découvrant l’expertise scientifique ivoirienne, les boursiers repartent avec une conviction renforcée : l’Afrique dispose des compétences et des infrastructures nécessaires pour relever ses défis sanitaires.
À Abidjan, c’est bien l’esquisse d’un nouvel ordre sanitaire africain qui s’est dessinée, fondé sur la coopération, l’excellence et la souveraineté scientifique.
Source: Sercom