La montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient agit aujourd’hui comme un choc exogène sur les marchés de change, affectant simultanément l’évolution des monnaies de référence internationale et les monnaies des économies émergentes.

Au cœur de cette dynamique, les principaux indicateurs de change montrent que les variations des cours des devises ne sont plus de simples fluctuations saisonnières mais des réponses quantitatives mesurables à un environnement global plus incertain. L’analyse des ratios et des données de change fournit une lecture plus précise de ces mécanismes.

Un dollar renforcé face à ses homologues

Du côté des monnaies majeures, l’U.S. Dollar Index (DXY) demeure un baromètre clé, reflétant la valeur du dollar américain vis-à-vis d’un panier de devises pondérées (avec près de 57,6% pour l’euro, 13,6% pour le yen, etc.). Une progression de cet indice traduit une demande accrue pour le billet vert, souvent perçu comme actif refuge notamment lors des escalades géopolitiques.

Sur les marchés internationaux en 2025, l’euro a connu des épisodes de faiblesse significative face au dollar, tombant à des niveaux proches de la parité (1,0226 $ pour 1 € au début de 2025), soit une dépréciation d’environ 9% par rapport à son pic de fin 2024. Cette évolution illustre les divergences de croissance entre les économies américaine et européenne et l’impact des pressions énergétiques sur la zone euro.

Cette dynamique se répercute également dans les grandes réserves de change mondiales : même si la part du dollar a légèrement diminué sur dix ans pour atteindre environ 58% des réserves internationales, il reste de loin la première monnaie de réserve, devant l’euro qui stagne autour de 19%. En même temps, l’or a gagné en attractivité, représentant près de 20% des réserves mondiales en 2024.