Un MRTT (un Airbus A330) a ainsi décollé mercredi matin de Belgique en direction de la station balnéaire égyptienne, sur la mer Rouge, avec à son bord une équipe de planification de la Défense, du personnel des Affaires étrangères, ainsi que des planificateurs des Pays-Bas, du Luxembourg et de l’Allemagne, a exposé le lieutenant-colonel Christophe Comhair, mercredi, en commission Défense de la Chambre. Un avion de transport militaire A400M se rendra sur place ce jeudi, et un second vendredi. « Les Affaires étrangères ont indiqué que des évacuations éventuelles pourraient démarrer à partir [de ce vendredi] 6 mars », a précisé le militaire.

« L’Ambassade de Belgique nous a répondu qu’on devait se débrouiller par nous-même » : la détresse de certains touristes belges coincés à l’étranger

La priorité est donnée à l’évacuation des voyageurs (touristes ou pas). Environ 2 500 personnes enregistrées sur le site Travellers Online sont concernées, selon le chiffre avancé mardi soir par les Affaires étrangères. L’évacuation des ressortissants belges vivant dans la région n’est pour le moment pas prévue.

« La situation est la plus critique aux Émirats arabes unis et au Qatar. C’est là que les opérations de rapatriement débuteront en priorité », indiquaient encore les Affaires étrangères. En raison de la fermeture de l’espace aérien au-dessus de ces deux pays, les voyageurs seront d’abord transportés par la route vers un pays voisin dont l’espace aérien est resté ouvert et paraît sûr.

D’Oman à l’Égypte

Depuis le Qatar, des bus sont mis en place en direction de Riyad, en Arabie saoudite. De là, les voyageurs belges devront se débrouiller pour trouver un vol commercial pour rentrer au pays.

Depuis les Émirats arabes unis, les voyageurs seront conduits de Dubaï et Abou Dhabi vers Mascate, la capitale du sultanat d’Oman voisin, d’où ils seront transférés par avion militaire jusqu’à Hurghada. Ils devront ensuite rentrer par leurs propres moyens en Belgique.

À la guerre comme à la guerre

« Les frais liés au transport militaire seront, conformément à la législation consulaire belge, répercutés de manière raisonnable aux voyageurs. Ceux-ci en seront informés au préalable », faisaient savoir les Affaires étrangères, mardi. « Le montant n’est pas encore fixé actuellement », a précisé mercredi soir le cabinet du chef de la diplomatie, Maxime Prévot (Les Engagés), à La Libre. Qui souligne que « c’est un principe qui a toujours été appliqué, notamment lors des rapatriements au début de la pandémie de Covid ».

Entre 65 à 70 militaires belges sont déployés dans la région pour l’organisation du pont aérien au départ de l’Égypte. Ensemble, le MRTT (250 places) et les deux A400M (110 places chacun) représentent une capacité de près de 500 places par rotation. « Mais est-ce que les personnes pourront arriver au bon endroit, au bon moment ? Est-ce qu’on pourra remplir les avions ? », s’interrogeait le lieutenant-colonel Comhair, mercredi, signifiant par là les incertitudes qui continuent à planer sur la situation actuelle.