Initialement prévu pour juin 2025, le lancement commercial de la 5G est désormais effectif au Ghana. Le réseau de dernière génération a été mis en service dans certaines zones d’Accra, Kumasi et Tamale, ce qui ouvre la voie aux opérateurs mobiles souhaitant proposer des services d’internet mobile à très haut débit.

Selon les détails disponibles, l’infrastructure est exploitée par Next-Gen InfraCo (NGIC), une société créée en 2024 et titulaire d’une licence exclusive de dix ans pour déployer un réseau 5G national partagé. D’après elle, l’architecture du réseau repose sur un modèle dit de réseau de gros. Concrètement, NGIC construit et exploite l’infrastructure, tandis que les opérateurs mobiles l’utilisent pour fournir les services aux abonnés.

« Aujourd’hui, le Ghana passe de l’ambition 5G à l’exécution 5G. L’ossature partagée est commercialement active et prête à monter en puissance […]. Séparer l’infrastructure de gros de la fourniture de services aux clients est un choix stratégique, cela permet une couverture nationale plus rapide et une utilisation plus efficace des investissements », a expliqué Tenu Awoonor, le directeur général de NGIC.

Objectif 70 % de couverture d’ici 2027

Le groupe finlandais Nokia est chargé de fournir les équipements pour la première phase du déploiement. Pour la phase d’expansion du réseau, NGIC discute avec Radisys, une filiale du conglomérat indien Reliance Industries, selon des propos du directeur des opérations de l’entreprise, Nenyi George Andah, rapportés par Bloomberg. Il a indiqué que les opérateurs Telecel Ghana et AT ont déjà signé des accords pour proposer les services 5G à leurs clients. Le principal opérateur du pays, MTN Ghana, qui détient environ 80 % des abonnés aux services de données mobiles, ne l’a pas encore fait.

S’il faut attendre les avancées du côté des opérateurs pour permettre aux Ghanéens de se connecter effectivement à la 5G, ce cap devrait être franchi cette année, selon les prévisions récentes du directeur général de la National Communications Authority (NCA), Edmund Yirenkyi Fianko. Pour les autorités ghanéennes, la mise en service de l’infrastructure 5G constitue une étape vers un objectif plus grand.  Le gouvernement vise une couverture 5G de 70 % de la population d’ici mars 2027, date du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays.

Une technologie qui s’étend progressivement en Afrique

Avec ce lancement, le Ghana rejoint un groupe croissant de pays africains ayant activé la 5G. Selon des données compilées par l’Agence Ecofin, 48 opérateurs télécoms proposaient déjà des services 5G dans 28 pays africains à la mi-2025. Cette progression s’inscrit dans une dynamique accélérée depuis la pandémie de Covid-19, qui a renforcé les besoins de connectivité sur le continent.

Les premiers réseaux commerciaux africains ont été lancés en 2018, notamment au Lesotho. Depuis, la technologie s’est progressivement étendue à des marchés plus importants comme l’Afrique du Sud, le Maroc, le Nigeria, ou encore l’Égypte. Malgré ces avancées cependant, la 5G reste encore marginale dans l’écosystème mobile africain. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), cette technologie représentait environ 25 % de la couverture mobile en zone urbaine en 2024, contre 73 % pour la 4G.

Le nombre d’abonnés demeure également limité : environ 26 millions d’utilisateurs 5G étaient recensés en Afrique subsaharienne en 2024, pour près de 600 millions d’abonnés mobiles uniques. Plusieurs obstacles ralentissent encore l’adoption de la technologie. Selon une étude publiée par Ericsson en 2022, le coût de base du déploiement de la 5G dans un pays peut atteindre entre 3 et 8 milliards USD (entre 2,6 et 6,9 milliards d’euros environ), auxquels s’ajoutent des investissements supplémentaires pour étendre la couverture du réseau.

D’autres défis comme le coût des smartphones compatibles et la disponibilité des fréquences radio sont également évoqués.