De nouveau, l’Europe et l’Afrique se retrouvent réunies depuis ce lundi 24 novembre en Angola pour faire l’état des lieux de leur coopération et tenter d’esquisser les contours d’un nouveau partenariat, dans un contexte de bouleversements sans précédent des deux côtés de la Méditerranée.

Alors que le Vieux Continent, plus que jamais miné par la montée des nationalismes, est fragilisé par les infidélités géopolitiques de l’Amérique de Donald Trump, l’Afrique, elle, se découvre des alternatives de plus en plus crédibles avec les Russes, les Chinois, les Indiens, les Turcs ou encore les pays du Golfe. Un rapport de force qui place le continent africain en meilleure posture pour négocier.

Autrement dit, entre Africains et Européens, les relations sont appelées à se réinventer – non par choix, mais par nécessité imposée par la nouvelle donne mondiale. Reste à savoir si les populations, au sud, en seront réellement bénéficiaires. Ce n’est pas garanti, du moins pas pour tous.

Dans les couloirs du 7ᵉ sommet Union africaine – Union européenne, ouvert hier à Luanda, un même leitmotiv revient : sortir des grandes déclarations, dépasser les promesses ambitieuses mais rarement concrétisées, et passer enfin aux actes. C’est le principal grief formulé par l’Afrique à l’égard de l’Europe.

L’UE, premier partenaire commercial du continent

À la différence de la Chine, qui construit routes, ponts et bâtiments, l’Union européenne a longtemps multiplié les engagements sans toujours leur donner corps. À cela s’ajoute le débat, récurrent, sur les valeurs démocratiques, les droits humains et les libertés. Autant de questions perçues par plusieurs dirigeants africains comme une ingérence dans les affaires intérieures ou comme une attitude condescendante qui les renverrait à un statut de mineurs politiques.

Malgré ces points de friction, l’Afrique et l’Europe ont jusqu’ici maintenu une relation solide, faisant de l’Union européenne le premier partenaire commercial du continent. Mais de nouveaux défis apparaissent clairement. Certes, la proximité géographique et l’histoire coloniale ont noué des liens profonds entre les deux blocs. Toutefois, les évolutions actuelles pourraient remettre en cause les relations africano-européennes telles qu’on les a connues.

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