Les échanges ont principalement porté sur la protection des enfants et des adolescents sur les réseaux sociaux, ainsi que sur le renforcement de la coopération opérationnelle entre les forces de l’ordre et l’entreprise américaine. Les représentants de Meta ont notamment exprimé leur volonté de soutenir la Police nationale à travers des programmes de formation et de montée en compétences.
Ce partenariat devrait se traduire par des actions concrètes au profit des unités spécialisées, en particulier la division chargée de la lutte contre la cybercriminalité. Des formations techniques sur les outils numériques et sur le portail dédié aux autorités judiciaires de Meta sont prévues, afin d’optimiser le traitement des réquisitions et la gestion des contenus signalés.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large observée à l’échelle du continent africain, où les États renforcent leurs partenariats avec les géants du numérique pour répondre à l’essor rapide des usages en ligne. Face à l’augmentation des cyberescroqueries, du harcèlement numérique et de la diffusion de contenus illicites, les autorités sénégalaises cherchent à adapter leurs méthodes d’enquête à un environnement digital devenu central dans de nombreuses infractions.
Ces derniers mois, plusieurs institutions publiques ont également été visées par des attaques informatiques. En octobre, la plateforme des impôts a été piratée, suivie en février d’une cyberattaque contre le département de l’automatisation des fichiers (DAF), chargé notamment de la délivrance des cartes nationales d’identité, des passeports et de la gestion des données biométriques. Cette intrusion a entraîné une suspension temporaire de la production des cartes d’identité.
La coopération avec les plateformes numériques apparaît ainsi comme un levier stratégique pour identifier plus rapidement les auteurs d’infractions et accélérer le traitement des signalements. Elle illustre l’évolution du rôle des forces de sécurité, désormais actives aussi bien sur le terrain que dans le cyberespace.
Reste à savoir si le Sénégal dispose des moyens suffisants pour relever ces défis.
Dans son rapport « Global Cybersecurity Index 2024 », l’Union internationale des télécommunications (UIT) a attribué au Sénégal une note de 67,17 sur 100. Ce résultat classe le pays dans la catégorie Tier 3, qui regroupe les États ayant obtenu au moins 55/100 et démontrant un engagement initial en matière de cybersécurité, avec des actions engagées dans un nombre modéré de domaines.
Depuis cette évaluation, les autorités ont lancé le programme « New Deal technologique », doté d’un budget de 1,7 milliard de dollars, avec l’ambition de faire du pays un pôle technologique d’ici 2034. Lors de son lancement en février 2025, le président Bassirou Diomaye Faye a affirmé la volonté de bâtir un espace numérique souverain, en renforçant la cyber-résilience nationale, en sécurisant les infrastructures critiques, en protégeant les données sensibles et en réduisant progressivement la dépendance aux solutions étrangères.
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