En 2025, l’industrie automobile sud-africaine a atteint un niveau record à l’export, dans un environnement international pourtant marqué par le durcissement des politiques commerciales et la montée des tendances protectionnistes sur plusieurs marchés clés.
Selon le dernier rapport trimestriel de l’Association nationale des constructeurs automobiles d’Afrique du Sud (NAAMSA), les exportations de véhicules ont ainsi culminé à 414 268 unités en 2025, contre 391 128 unités en 2024, soit une progression de 5,9%. Cette dynamique repose avant tout sur la vigueur de la demande européenne. Les expéditions vers l’Union européenne et le Royaume-Uni ont atteint 332 695 unités, contre 295 762 un an plus tôt. Le Vieux Continent capte désormais 80,3% des exportations de véhicules de la nation arc-en-ciel, ce qui signifie que près de 4 unités sur 5 que cette dernière écoule à l’international sont envoyées sur le marché européen.
En deuxième position, mais loin derrière, les exportations vers le reste du continent africain ont progressé de 36,4% pour s’établir à 35 728 unités. Cette évolution traduit le dynamisme d’un marché régional en croissance, bien qu’il demeure encore largement en deçà de son potentiel.
Un partenaire historique qui structure les flux commerciaux
Ces performances s’inscrivent dans un contexte de renforcement des liens économiques entre l’Afrique du Sud et l’Union européenne, qui reste largement son principal partenaire bilatéral. Selon les données européennes, les échanges commerciaux entre les deux parties ont dépassé 44 milliards d’euros en 2024, l’UE représentant environ 20% du commerce total de Pretoria.
Dans cette relation, l’automobile s’impose comme l’un des piliers des flux, juste derrière les minerais, confirmant le rôle stratégique de la filière dans les échanges bilatéraux. Les accords de partenariat économique conclus avec Bruxelles et Londres continuent par ailleurs de soutenir la compétitivité des constructeurs sud-africains, en facilitant l’accès à un marché devenu central.
Cette interdépendance se reflète aussi dans l’ancrage industriel de plusieurs groupes européens dans le pays. Volkswagen a ainsi expédié plus de 131 485 véhicules depuis son site de Kariega, tandis que BMW assemble à Rosslyn des X3 hybrides rechargeables majoritairement destinés au marché du Vieux continent. Dans un contexte de tensions commerciales accrues avec les États-Unis, Pretoria et Bruxelles cherchent à consolider un partenariat industriel et commercial déjà structurant pour les exportations sud-africaines.
Recul en Amérique du Nord et en Asie
À l’inverse, certaines régions affichent des replis marqués. Les exportations vers l’Amérique du Nord ont fortement chuté, passant de 25 554 unités en 2024 à 6 530 en 2025, notamment sous l’effet de la taxe protectionniste imposée par les USA, qui a pesé sur la compétitivité des véhicules sud-africains. La tendance est également à la baisse en Asie, où les volumes sont passés de 29 265 à 19 287 unités sur la période, principalement en raison du recul des expéditions vers le Japon.
Au total, les 414 268 véhicules exportés représentent 70,3% de la production sud-africaine de véhicules légers, et ont été distribués dans 109 pays, ce qui illustre la forte présence internationale de la filière. La dynamique s’est par ailleurs intensifiée en fin d’année, avec 114 445 voitures particulières exportées au quatrième trimestre (+15,2% en glissement annuel) et 45 472 véhicules utilitaires (+17,4%).
Malgré les replis observés sur certains marchés, la trajectoire globale demeure donc positive, illustrant la capacité du secteur à réorienter ses flux vers les débouchés les plus porteurs. Parallèlement cependant, l’Afrique du Sud doit composer avec une concurrence continentale accrue, notamment celle du Maroc, qui est devenue en 2024 le premier producteur continental de véhicules particuliers.