L’année 2025 s’inscrit dans un contexte de normalisation du marché du transport routier, notamment en Europe, après des niveaux d’activité particulièrement élevés en 2024. Dans ce cadre, les livraisons de véhicules de Scania ont reculé de 8 %, pour atteindre 94 073 unités sur l’ensemble de l’exercice. Cette contraction s’est traduite par un chiffre d’affaires de 198,5 milliards de couronnes suédoises, en baisse également de 8 % par rapport à l’année précédente. La rentabilité opérationnelle ajustée s’établit à 10,7 %, contre 14,8 % en 2024. La tendance reste toutefois contrastée selon les régions. Si certaines zones, notamment en Amérique latine, ont vu la demande ralentir, le marché européen s’est stabilisé après une période de forte croissance.
Un rebond des commandes en fin d’année
Malgré la baisse des livraisons, l’activité commerciale a montré des signes d’amélioration au fil de l’année. Les commandes enregistrées ont progressé de 14 %, atteignant 92 351 véhicules sur l’exercice. La dynamique s’est particulièrement renforcée au quatrième trimestre, avec 26 704 commandes, soit une hausse de 9 % sur un an. Ce regain est interprété par le constructeur comme un signal de confiance retrouvée de la part des transporteurs. Sur le marché européen des poids lourds, Scania a conservé une position solide avec 17,6 % de part de marché dans le segment des véhicules lourds.
L’effet des devises et des investissements industriels
Au-delà de la baisse des volumes, les résultats financiers ont également été influencés par l’évolution des devises. La couronne suédoise, nettement plus forte en 2025, a pesé sur les marges du groupe. Au quatrième trimestre, la rentabilité ajustée s’établit ainsi à 11 %, contre 14,3 % un an plus tôt. À taux de change constants, la marge aurait été plus élevée. Par ailleurs, le constructeur a engagé plusieurs investissements industriels, notamment pour renforcer sa présence en Chine. Ces dépenses liées à la montée en puissance industrielle ont également pesé sur les résultats à court terme.
Une transformation industrielle et technologique en cours
L’année 2025 a également été marquée par plusieurs évolutions structurelles. Scania a notamment simplifié son organisation interne afin de l’adapter à l’évolution du marché et aux nouveaux défis technologiques. Autre étape importante : la mise en place d’une organisation de recherche et développement commune au sein de Traton Group, maison mère de Scania. Cette structure vise à accélérer le développement technologique tout en mutualisant certaines ressources entre les différentes marques du groupe.
En parallèle, le constructeur poursuit ses investissements dans les véhicules électriques et les solutions de recharge, un axe stratégique pour accompagner la transition énergétique du transport routier.
Des progrès revendiqués sur le plan environnemental
Sur le volet environnemental, Scania affirme avoir franchi une étape importante en 2025 avec l’atteinte de son objectif climatique concernant les émissions liées à ses propres opérations. Depuis 2015, l’entreprise indique avoir réduit de près de 54 % ses émissions directes et indirectes (Scopes 1 et 2). Le groupe a également publié pour la première fois un rapport de durabilité conforme aux nouvelles normes européennes de reporting.
Dans le même temps, la diffusion des véhicules à faibles émissions reste encore limitée. C’est 602 véhicules zéro émission qui ont été livrés en 2025, contre 266 l’année précédente. Une progression qui illustre le début de la montée en puissance de cette technologie, même si elle reste marginale au regard des volumes totaux.