Le nouveau Grand Musée égyptien (en anglais Grand Egyptian Museum, GEM) est exclusivement consacré à une même civilisation défunte, oubliée, retrouvée, célébrée, un musée en or tant sa collection rassemble objets, sarcophages, lits, chars et masques en or dont la « Joconde » du GEM : le masque mortuaire de Toutankhamon.
Aller à la rencontre de la civilisation égyptienne, c’est partir en voyage dans des temps si lointains qu’il est nécessaire de changer ses paradigmes, d’oublier la société de consommation, de se décorseter de ses croyances, de laisser aller son imagination, de retrouver l’enfant aimant qu’on lui raconte des histoires, d’être un étudiant qui révise.
Pendant plus de trois mille ans, de 3100 avant notre ère et le premier pharaon, Narmer, à Cléopâtre, dernière pharaonne, morte en -30, pas de christianisme évidemment, pas d’islam non plus. Pendant quelque 180 pharaons (chiffre sérieux « officiel »), les Égyptiens ont cru en une infinité de dieux souvent multitâches. Pas un pharaon, pas un temple, pas une tombe, pas une sculpture, pas une pyramide qui ne soit liée à eux, à l’au-delà, à après la mort.
C’est simple, les puissants voulaient continuer de vivre après elle. Laisser sur terre les traces les plus riches et élogieuses possible de leur passage était le meilleur moyen de se la couler douce et éternellement au-delà des étoiles. En Égypte antique, tout est art, art pour célébrer et séduire l’au-delà.
Le GEM s’étire aux portes du Caire, en face des pyramides. Il bombe le torse, crâne, mais comment faire autrement face à ces merveilles gigantesques et énigmatiques. Le musée fait penser à un serpent qui sort du sable et s’arrête net, hypnotisé par la majesté des pyramides et de leurs triangles. Les écailles du serpent-GEM ne sont composées que de ceux-ci, de symboles comme tout monument égyptien.