La Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies (DELM) prépare actuellement le terrain à la réalisation du quatrième exercice d’évaluation des dépenses nationales relatives au sida. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la revue à mi-parcours du Plan Stratégique National Intégré 2024-2030.

À l’heure où le Maroc consolide son autonomie financière dans la gestion des grands programmes de santé, la transparence devient un outil stratégique. La Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies (DELM) prépare actuellement le terrain à la réalisation du quatrième exercice d’évaluation des dépenses nationales relatives au sida. Cette démarche, qui sera menée en externe, s’inscrit dans le cadre de la revue à mi-parcours du Plan stratégique national intégré 2024-2030.

Un audit financier à l’échelle nationale
L’étude, programmée entre mars et juillet 2026, portera sur les dépenses effectuées en 2022, 2023 et 2024 par l’ensemble des acteurs de la riposte nationale. Elle est financée dans le cadre du programme d’appui du Fonds mondial – Maroc, subvention 2024-2026, avec l’appui technique de l’ONUSIDA. Ne seront pas concernés que le ministère de la Santé et de la Protection sociale.

L’évaluation couvrira également les autres départements ministériels impliqués, les organisations non gouvernementales, ainsi que les partenaires internationaux, qu’il s’agisse des agences des Nations Unies ou des coopérations bilatérales. L’objectif est d’obtenir une photographie exhaustive des flux financiers qui irriguent la lutte contre le VIH au Maroc, pour mieux les orienter à l’avenir.

Pour ce faire, la méthodologie choisie s’appelle NASA (National AIDS Spending Assessment). Développée par l’ONUSIDA, elle permet une traçabilité rigoureuse des ressources, de leur source jusqu’aux bénéficiaires finaux. Elle offre une vision précise de l’allocation des fonds et garantit qu’elle reste alignée sur les priorités opérationnelles du moment.

Il s’agira donc d’adapter les nouveaux outils NASA au contexte marocain, puis de former une équipe nationale à leur utilisation. Il faudra ensuite cartographier l’ensemble des acteurs en distinguant les sources de financement, les agents qui les gèrent et les opérateurs qui les dépensent sur le terrain. Viendront ensuite la collecte et l’analyse des données financières auprès de toutes les structures concernées, avant la formulation de recommandations concrètes sur l’allocation future des ressources.

Un processus encadré et participatif
Pour garantir la crédibilité et l’indépendance de l’exercice, un comité de pilotage a été constitué. Il réunit des cadres de la DELM, du Programme national de lutte contre le sida, de l’Unité de gestion du fonds mondial, des représentants d’organisations non gouvernementales nationales, d’autres partenaires de la riposte et le bureau de l’ONUSIDA. C’est cet organe qui orientera, coordonnera et suivra toutes les étapes de l’étude, assurant ainsi une vision partagée entre les différents acteurs. Mais, au-delà de l’exercice technique, cette évaluation répond à des enjeux de long terme.

Dans un contexte où le Maroc s’achemine vers une autonomisation progressive vis-à-vis des financements internationaux, l’optimisation de l’allocation des ressources nationales devient cruciale. Les résultats de cette étude alimenteront directement le plaidoyer budgétaire et permettront d’ajuster, si nécessaire, les priorités opérationnelles du Plan stratégique national intégré 2024-2030 à mi-parcours. Ils apporteront également des éléments probants pour accompagner la transition vers une prise en charge financière durable de la riposte, alors que le pays s’engage résolument dans la voie de la couverture sanitaire universelle.

H.K. / Les Inspirations ÉCO

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