Rallye Africa Eco Race 2026. D’une chute violente à 112 km/h à la case hôpital avec perte de connaissance, commotion cérébrale et au poumon, moto détruite, David Barrot pensait que sa carrière de compétiteur à 58 ans était désormais finie. Mais le pilote narbonnais pourrait rallier Dakar et son célèbre lac Rose sur les roues de sa Honda Transalp.
Joint par téléphone en début de semaine, David Barrot est resté en Mauritanie. « Ma famille, mon frère et ma compagne Marion vont m’attendre à Dakar (Sénégal). Franchement, aujourd’hui ça va mieux et j’espère que dans les jours à venir cela ira encore mieux. Je souffre notamment d’une commotion au poumon. Je crachais du sang jusqu’à hier mais plus maintenant. Je crois que j’ai eu une chance terrible. Je n’ai pas d’os cassé mais j’ai des hématomes sur tout le corps. Je pourrais me marier avec un schtroumpf », en rigole David Barrot.
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Qui n’est passé pas très loin du définitif. Après sa perte de connaissance, les images de sa chute sont revenues très vite. « Heureusement que je roulais sur la piste. Si je l’avais fait quelques mètres à côté, sur les cailloux, je serai probablement plus là pour en parler. On a retrouvé ma moto à 23 mètres de moi. Je roulais à ce moment à 112 km/h. Mon tripmaster est resté bloqué sur ce chiffre », détaille l’homme de Fontcouverte.
Cailloux fatals
Erreur d’inattention, faute de pilotage… celui qui venait pour faire une place dans la catégorie des + de 650 cm³ ne le pense pas. « C’est inexplicable, je pense. Il y avait une double bosse au km 118 non mentionnée sur le roadbook. D’autres pilotes me l’ont confirmé ensuite. J’ai pris la 1re mais pas la 2e. J’avais encore beaucoup d’essence. La moto était lourde. Je précise quand même que ce n’est pas la faute à la moto. J’ai dû faire une erreur de pilotage », concède l’ancien pilote des 24 Heures du Mans et du Bol d’Or.
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Certes, sur les pistes du sud du Maroc, les dunes de sable franchies, il n’y a que des cailloux sur les pistes. Ronds et noirs la plupart du temps : « Il suffit qu’un pilote devant toi en soulève un et le mettre sur ta trajectoire, tu t’envoles aussitôt. J’ai eu beaucoup de chance et pourtant, j’étais à l’aise, concentré. Je ne cherchais pas la merde. Je suivais la trace. En aucun moment, je me suis mis en danger. Mais, c’est comme ça. On ne peut pas revenir en arrière », confie David Barrot.
Finir au Lac Rose
Certes, la course chronométrée et le classement général sont définitivement abandonnés. Cependant, l’Africa Eco Race permet de prendre part à des spéciales sans jouer un classement quelconque. La notion de Raid reprend son cours. « Je suis allé voir l’organisation qui m’a dit que si mes examens médicaux étaient bons, à commencer par la commotion cérébrale, je pourrais participer aux deux dernières étapes (vendredi et samedi). Je suis chaud patate. Ce soir, dès que les motos de mes coéquipiers sont remises en état, les mécaniciens attaqueront la mienne. Le moral revient vite. Je pourrais peut-être atteindre Dakar sur mes roues », espère encore David Barrot.
En 2010 et en 2011, après une 47e place au scratch en 2009 sur le Dakar (Argentine et Pérou), le Narbonnais avait dû abandonner sur panne moteur puis sur chute avec passage à l’hôpital pendant quelques jours cette fois. Ce qui n’avait pas empêché David Barrot de repartir avec son copain, le catalan Etienne Lormand, une dernière fois à l’assaut des pistes sud-américaines.
Aujourd’hui, si le feu passe au vert, il ne s’agira que de deux étapes, celle entre Ouad Naga et Mpal (476 km dont 131 de spéciale) et la dernière, l’historique Mpal – Dakar-Lac Rose (268 km dont 22 de spéciale). De quoi pour David Barrot n’avoir ni remords, ni regret.