LA TRIBUNE DIMANCHE – Est-ce un soulagement d’avoir enfin présenté le contenu de l’Industrial Accelerator Act (IAA), ce texte qui instaure la préférence européenne en Europe ?
STÉPHANE SÉJOURNÉ – C’est un premier pas, mais le Parlement européen et le Conseil doivent encore adopter le texte. Cela va prendre neuf à dix-huit mois.
Mais l’industrie européenne peut-elle se permettre d’attendre encore neuf mois face à la vague de désindustrialisation qu’elle subit ? Depuis le début du mandat de cette Commission, il est question de 220.000 emplois manufacturiers détruits dans l’automobile et les industries lourdes…
Nous avons tout de même envoyé un signal hyper fort aux marchés ! Plusieurs décisions d’investissements industriels importants doivent avoir lieu en 2026, particulièrement dans les cleantech, et il est impossible pour ces investisseurs de concrétiser l’engagement de telles sommes dans un environnement incertain. Désormais, l’enjeu est de stabiliser le texte au fil du processus législatif européen. Je reste persuadé que l’Industrial Accelerator Act va accélérer les investissements industriels en Europe.