La Russie accuse l’Ukraine d’avoir attaqué le navire, qui a sombré au large de la Libye.
L’Arctic Metagaz a coulé, à environ 130 milles au large du port libyen de Syrte. Le méthanier sous sanctions internationales ayant pris feu, dans la nuit de lundi à mardi, a fini par sombrer, a rapporté l’Autorité libyenne des ports et du transport maritime. Elle indique qu’il a été victime d’« explosions soudaines » d’origine inconnue, suivies d’un « énorme incendie ayant conduit à son naufrage complet ». A notre connaissance, c’est la première fois qu’un méthanier coule ainsi, depuis les premiers navires de ce type, construits en 1964.
Pour rappel, les 30 marins russes de l’Arctic Metagaz sont sains et saufs. Parvenant à évacuer le navire, ils avaient été localisés mardi soir dans la zone de secours et de sauvetage libyenne par les autorités maltaises.
Un journaliste du New York Times a diffusé des images de l’incident. On y voit une impressionnante explosion qui illumine le ciel de nuit. Ces images ont été capturées par un l’équipage d’un navire marchand à 80 milles de distance.
D’autres images, diffusées par Serhii Sternenko, conseiller du ministre de la Défense ukrainien, montrent le navire avant qu’il ne coule. Il est éventré sur bâbord, fumant. La coque, qui présente une immense brèche, ne s’est néanmoins pas totalement brisée. Ces photos témoignent de la violence de l’explosion et de l’incendie.
Ce même conseiller diffuse des images d’un navire en feu, largement reprises dans la presse.
Le ministère des Transports russe affirme que le méthanier qui venait de Mourmansk a été attaqué à proximité des eaux territoriales de Malte, par des drones de surfaces ukrainiens. Il dénonce un « acte de terrorisme international et de piraterie maritime ». Si l’attaque ukrainienne est confirmée, ce serait une première sur un méthanier depuis le début du conflit avec la Russie.
L’Ukraine a déjà eu recours à des drones de surface « Sea Baby » pour attaquer des tankers sous sanctions en mer Noire. Kiev avait également surpris en attaquant le pétrolier Qendil, à plus de 2000 km de son territoire, en Méditerranée, au large de la Libye, avec des drones aériens.
La perte de l’Arctic Metagaz est un coup très rude pour la Russie, qui compte un nombre limité de méthaniers, essentiels pour exporter le gaz naturel liquéfié (GNL) qu’elle produit.
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