L’Algérie consolide sa position de fournisseur d’énergie stratégique pour l’Europe grâce à une augmentation de sa production et à une politique d’exportation flexible. Disposant de réserves stables de pétrole brut d’environ 12,2 milliards de barils (15e rang mondial ), le pays a lancé un plan visant à accroître sa production de 6 000 barils supplémentaires par mois à partir d’avril 2026, dans le cadre d’un accord avec l’OPEP+.

Stratégie visant à accroître la production et à optimiser les infrastructures.

L’Algérie produit actuellement près d’un million de barils de pétrole par jour. Outre le pétrole, le pays possède des réserves prouvées de gaz naturel estimées entre 2 300 et 2 500 milliards de mètres cubes, parmi les plus importantes d’Afrique. La production annuelle de gaz se maintient entre 100 et 105 milliards de mètres cubes, principalement destinés à l’exportation vers la Méditerranée et l’Europe via des gazoducs stratégiques tels que TransMed et Medgaz.

Activités d'exploration et de traitement du pétrole et du gaz en Algérie début 2026 L’Algérie possède actuellement des réserves de pétrole brut d’environ 12,2 milliards de barils, ce qui la place au troisième rang en Afrique.

Afin d’accroître sa capacité d’approvisionnement, l’Algérie a signé plusieurs nouveaux contrats avec des partenaires internationaux, notamment la société italienne Eni. Bien que sa capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) actuelle soit inférieure à 50 % de sa capacité nominale en raison d’infrastructures obsolètes, le gouvernement investit massivement dans la modernisation des systèmes de manutention et d’exploitation afin de maximiser la demande sur le marché spot.

Répondre aux risques géopolitiques et à la volatilité des marchés

L’industrie pétrolière et gazière, qui représente 90 % des recettes en devises étrangères de l’Algérie, profite de la flambée des prix alimentée par le conflit au Moyen-Orient. Le budget national pour 2026 est établi sur la base d’un prix de référence du pétrole de 60 dollars le baril, mais des prévisions réalistes autour de 70 à 80 dollars contribuent à garantir la sécurité financière du pays.

Les analystes de Goldman Sachs préviennent qu’une interruption du détroit d’Ormuz pendant un mois pourrait entraîner une hausse des prix du gaz de 130 % en Europe et en Asie. Si le détroit est bloqué pendant plus de deux mois, les prix du gaz en Europe pourraient dépasser 100 euros (environ 116 dollars) par MWh. Ce scénario offre des opportunités au GNL algérien pour combler le déficit d’approvisionnement, d’autant plus que d’autres gisements gaziers, comme Leviathan, risquent d’interrompre temporairement leur production pour des raisons de sécurité.

Politiques de gestion intérieure et de stabilisation des prix

Sur le marché intérieur, l’Algérie maintient une politique de prix des carburants parmi les plus bas au monde afin de protéger les consommateurs. Le gouvernement a mis en place un mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe pour compenser les coûts des entreprises nationales telles que Sonatrach et Sonelgaz, tout en réinvestissant dans la modernisation du réseau de distribution.

Pour maîtriser l’inflation et prévenir la spéculation, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) et les autorités douanières ont renforcé les contrôles dans les zones franches et aux frontières. L’Algérie affirme qu’elle n’aura pas recours à des mesures extrêmes telles que des interdictions d’exportation, mais privilégiera des ajustements souples afin de garantir sa sécurité énergétique nationale et de respecter ses engagements internationaux envers l’OPEP+ et ses partenaires consommateurs en Asie et en Europe.