Quatre jours après son arrivée initialement prévue, le vol AF4193 d’Air France, affrété par le Quai d’Orsay pour ramener des passagers français du Moyen-Orient, s’est enfin posé sur le tarmac de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle ce dimanche 8 mars au petit matin, indique la compagnie à Ouest-France. L’avion avait été contrait de faire demi-tour jeudi, alors qu’il se trouvait à vide, face à la présence de missiles près de Dubaï, où il devait normalement atterrir.
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Cet avion, qui transportait à son bord 328 passagers, a rapatrié ces derniers depuis l’aéroport de Mascate, à Oman, via Le Caire, en Égypte. Ils ont été accueillis dès leur sortie, vers 5 h, par le ministre des Transports Philippe Tabarot, ainsi qu’Éléonore Caroit, la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, précise Air France.
« Des familles, beaucoup d’enfants, des personnes en situation de handicap »
Invité dans la matinée sur France Info , le ministre a salué la « grande dignité » de ces passagers rapatriés ce dimanche depuis le Moyen-Orient en guerre. « C’était un vol qui devait arriver jeudi soir à Dubaï […] Et ces personnes, depuis jeudi soir, ont vécu un ascenseur émotionnel terrible parce qu’ils étaient déjà à l’aéroport quand les attaques ont eu lieu, et donc ils ont compris qu’ils ne pourraient pas prendre ce vol », a affirmé Philippe Tabarot.
« Pour la plupart, ils ont 24 heures de voyage, je dirais notamment avec une dizaine d’heures de bus entre Dubaï et le Sultanat d’Oman. Et puis un passage à la frontière qui est très difficile et très long également, et un embarquement qui a été assez laborieux. Donc vraiment c’est un vol très particulier et ils ont une grande dignité », a poursuivi le ministre.
Sur X, il a précisé que cet avion transportait notamment « des familles, beaucoup d’enfants, des personnes en situation de handicap… dont certains n’avaient pas pu quitter la zone jeudi soir en raison de la dégradation des conditions de sécurité ».
« J’avais envie de pleurer, de me retrouver chez moi en France »
Un journaliste de l’AFPTV a pu aller à la rencontre des passagers du troisième vol de rapatriement civil affrété par le gouvernement, qui est arrivé ce matin à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.
« J’avais envie de pleurer, de me retrouver chez moi en France avec la femme et le petit, à l’abri », a raconté Philippe, un touriste français revenant avec sa femme et son fils de Dubaï, où il aura eu le temps de « voir les explosions dans le ciel », puis d’avoir « quatre fois des vols annulés ». Finalement, « c’est l’ambassade qui a nous a donné un rendez-vous » et « on a pris le bus pendant dix heures » avant d’arriver à Oman, a-t-il relaté.
Adrien, a, lui, raconté avoir été rapatrié à partir d’Abou Dhabi, où sa dernière semaine de vacances avait « commencé avec les bombardements, les alertes sur les téléphones, qui réveillaient en pleine nuit ».
Le ministre des Transports a par ailleurs indiqué que trois vols militaires ont été organisés en plus des vols commerciaux et un quatrième est prévu dans la journée de ce dimanche.